27 septembre 2018 - 13:52
Sébastien Ricard et Marilyn Bastien de passage à Mont-Saint-Hilaire
Jean-Sébastien Lozeau en tournage chez lui
Par: Karine Guillet
Jean-Sébastien Lozeau en compagnie de l’acteur Sébastien Ricard.  Photo : Gracieuseté- sebastienventura.com

Jean-Sébastien Lozeau en compagnie de l’acteur Sébastien Ricard. Photo : Gracieuseté- sebastienventura.com

C’est dans sa ville que le cinéaste hilairemontais Jean-Sébastien Lozeau a choisi de donner vie à son premier film, Live Story, adapté de son roman Ces jours-ci avant le dernier. L’Œil Régional l’a rencontré sur le plateau de tournage la semaine dernière.

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Inspiré en grande partie de la vie de Jean-Sébastien Lozeau, Live Story raconte l’histoire de la relation trouble d’Alex (Sébastien Ricard) et de Monica (Marilyn Bastien), une relation qu’Alex voit d’abord comme un baume sur les plaies causées par la rupture de sa famille. Mais la relation fragile éclate au cours d’une ballade en auto transformée en Facebook Live, ce qui fait remonter des souvenirs à la surface.
L’équipe en était au quatrième jours de tournage sur dix, qui s’effectue aussi à Montréal et à Dunham. À Mont-Saint-Hilaire, le quartier de la gare donnera notamment vie aux souvenirs familiaux d’Alex.
Si sa vie personnelle a servi de point de départ au scénario, Jean-Sébastien Lozeau constate toutefois que l’œuvre vit maintenant d’elle-même. Il se dit tout de même plus atteint par les scènes qui touchent la famille. «Comme ça fait un petit bout, ça m’atteint moins, explique-t-il. La libération s’est faite quand j’ai écrit le livre et après le scénario. Là, ça ne m’appartient plus.»
«Jean-Sébastien n’a pas de pudeur à me parler de ça, ajoute Sébastien Ricard. Je le reconnais dans le scénario et je l’ai à côté de moi. Sans faire une caricature, je trouve ça nourrissant. C’est comme si j’avais toujours la source à côté de moi.»

Des collaborations attendues
Amis de longue date, le comédien et le réalisateur souhaitaient depuis longtemps travailler ensemble. «Quand je lui ai parlé de ce projet-là, ça allait de soi que c’était lui, se souvient Jean-Sébastien. Pour moi, il n’y en avait pas d’autres [que Sébastien].»
Le choix de Marilyn Bastien, aussi une connaissance de longue date, pour camper le premier rôle féminin s’imposait aussi pour l’Hilairemontais. «Il m’a fait lire son livre et j’ai tellement trouvé ça actuel la façon dont c’était écrit, le rythme», dit celle qui est aussi productrice du film. «Je lui ai dit que ce n’était pas un livre, mais un film son truc. On a commencé à travailler là-dessus. Je n’ai pas eu envie d’attendre après le financement. On s’est lancés.»

Instinctif
Même s’il s’agit de son premier long-métrage, Jean-Sébastien Lozeau est d’abord un réalisateur très instinctif qui n’a besoin que de quelques prises pour savoir ce qu’il veut, disent les deux acteurs.
«On pourrait faire [une scène] 75 000 fois, explique M. Lozeau. Il y a dix mille façons de faire les choses. Mais si ce que j’ai vu, ça me touche, pourquoi est-ce qu’on le referait 60 fois? Oui, ça se peut que ça me touche encore, mais ça a fait son travail. On n’a pas besoin de plus.»
Réseaux sociaux
Pour Sébastien Ricard, le défi de camper Alex est double puisque les moments capturés par son personnage avec son téléphone intelligent sont aussi utilisés pour illustrer le film. Une première pour le comédien. «C’est un des trucs que j’aimais dans le scénario, lance-t-il. Ça fait partie de la vie des gens. Je trouve que, sans réfléchir, les gens exposent beaucoup de leur vie. C’est encore une étape de plus de franchi. Tu exposes en direct ton existence. Ça donne un côté extraordinaire à une histoire d’amour ordinaire. Ça jette un regard nouveau.»

Sociofinancement
Rappelons que Jean-Sébastien Lozeau a choisi de se tourner vers le sociofinancement pour mettre au monde ce premier long-métrage. «On est dans un cinéma qui n’est pas subventionné par l’État, donc la solution, c’est du privé, constate la productrice, toujours en recherche de commanditaires. C’est de faire un peu comme les États-Unis, d’aller vers le mécénat, chose qui n’existe pas beaucoup au cinéma.»
L’équipe a amassé près de 10 000$ grâce à la campagne (livestorylefilm.com), toujours en cours. Le film a aussi pu voir le jour grâce à de nombreux collaborateurs, qui leur ont notamment prêté des voitures, des téléphones et permis de tourner gratuitement. n

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