23 mars 2022
Projet pilote à Belœil
À vélo sans âge fait son apparition dans la Vallée-du-Richelieu
Par: Olivier Dénommée
Annie Gauthier a pu tester un vélo triporteur similaire à celui qui doit être livré bientôt. Sur la banquette se trouvent les bénévoles Roger Cool et Linda Tremblay. Photo gracieuseté

Annie Gauthier a pu tester un vélo triporteur similaire à celui qui doit être livré bientôt. Sur la banquette se trouvent les bénévoles Roger Cool et Linda Tremblay. Photo gracieuseté

Fondé en 2012 au Danemark, le concept « À vélo sans âge » a depuis fait le tour du monde et existe aujourd’hui dans plus d’une cinquantaine de pays. L’Otterburnoise Annie Gauthier a pris l’initiative de créer une antenne dans la Vallée-du-Richelieu, ce qui devrait enfin se concrétiser d’ici l’été avec un service à Belœil, adressé aux personnes âgées ou à mobilité réduite.

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« Le principe de base d’À vélo sans âge est que c’est un service gratuit, essentiellement offert par des bénévoles de la communauté. Les valeurs qu’il défend sont la lenteur, la générosité, le partage et la création de nouvelles relations sociales et intergénérationnelles », soutient Annie Gauthier, qui s’investit particulièrement dans ce projet depuis 2020. Pour elle, la beauté de la Vallée-du-Richelieu en fait un secteur idéal pour organiser des balades en vélo triporteur électrique. « Mais dans ma ville, à Otterburn Park, il y a un enjeu avec les nombreuses côtes, c’est pourquoi on fait le projet pilote à Belœil cet été, d’autant plus qu’il y a beaucoup d’organismes communautaires sur le territoire et un bon réseau cyclable. » Un partenariat avec Parrainage civique de la Vallée-du-Richelieu est déjà confirmé, mais d’autres organismes communautaires devraient aussi collaborer au projet.

Durant la belle saison, il sera ainsi possible pour des personnes âgées de réserver des balades. « Cela peut être une balade sur la piste cyclable, une visite du quartier, une visite du marché public à Mont-Saint-Hilaire ou, pourquoi pas, se rendre à ses activités culturelles extérieures! […] Il est important de mentionner qu’il s’agit de circuits prédéterminés, approuvés et sécuritaires pour que personne n’ait à s’inquiéter. » Selon elle, de deux à trois balades pourraient être réservées par jour, ce qui permet de prendre le temps de jaser et de s’installer pour admirer les paysages, sans se presser. « On veut prendre le temps, selon l’aisance de chaque utilisateur. Une promenade pourrait durer entre 30 et 90 minutes environ », estime l’ambassadrice. Une dizaine de pédaleurs bénévoles réguliers sont recherchés.

Subventions
Mme Gauthier rêve de voir le premier vélo triporteur faire son apparition à Belœil autour de la fête des Mères, en mai, mais la question de l’argent est encore un enjeu important pour le jeune projet. « Les premières subventions sont entrées, reconnaissant la pertinence de notre projet. On a reçu 10 000 $ de la Bourse d’initiative en entrepreneuriat collectif et 6000 $ de l’Association québécoise pour le loisir des personnes handicapées pour aider à l’achat du premier vélo triporteur. » Une subvention du programme Nouveaux Horizons pour les aînés de 17 000 $, dont 14 500 $ spécifiquement au démarrage du service dans la Vallée-du-Richelieu, s’est aussi ajoutée.

Outre l’achat du vélo triporteur, dont le prix peut varier entre 10 000 $ et 17 000 $, À vélo sans âge a besoin d’argent pour assurer son entretien et son entreposage. Il faudra aussi payer un agent de projet qui travaillera pendant l’été à la coordination du projet et lui trouver un local où travailler. C’est là que les citoyens peuvent faire la différence, en participant à la campagne de financement d’À vélo sans âge Vallée-du-Richelieu, notamment accessible via l’adresse bit.ly/don-velo. « L’objectif est de 20 000 $ comme c’est la première année qui coûte le plus cher pour démarrer le projet. Pour nous aider, les gens peuvent aussi s’abonner à notre page Facebook. »

Annie Gauthier a bien hâte de voir le vélo triporteur commandé de Calgary et espère que le succès futur du projet pilote en sol belœillois convaincra d’autres municipalités. « Si ça se passe bien, l’an prochain, on aimerait développer le secteur est de Belœil, mais si d’autres municipalités sont intéressées, on sera là pour les aider à démarrer leur propre antenne d’À vélo sans âge. »

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