31 mars 2025 - 05:00
Belœil brasse son organigramme
Par: Denis Bélanger
La mairesse de Belœil, Nadine Viau, en compagnie du directeur général Michaël Tremblay avant qu’il ne tombe en arrêt de travail en 2024. Photo gracieuseté

La mairesse de Belœil, Nadine Viau, en compagnie du directeur général Michaël Tremblay avant qu’il ne tombe en arrêt de travail en 2024. Photo gracieuseté

Un nouvel organigramme administratif a été adopté par le conseil municipal de Belœil à l’occasion de la séance publique du conseil municipal du 24 mars. Cette réorganisation, accordant des promotions à une poignée d’employés, vise à optimiser les opérations à la Ville et à mieux répondre aux besoins actuels et futurs de sa population dans un contexte considéré comme étant « fragile ».

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Les changements incluent une promotion pour Daniel Marineau, qui occupera le nouveau poste de directeur général adjoint à la gestion des actifs et des projets, lui qui était directeur des loisirs, de la culture et de la vie communautaire en plus de toujours occuper la direction générale par intérim. Son ancien poste sera dorénavant occupé par Michelle Roux-Bordages, anciennement cheffe de service – arts, culture et bibliothèque. La trésorière Marie-Josée Piédade obtient quant à elle une promotion en devenant directrice des finances et trésorière, alors que Patricia Côté passe du poste de coordonnatrice à l’environnement à celui de conseillère en environnement et développement durable pour la Ville. Enfin, Geneviève Grimard devient responsable des opérations administratives – direction générale après avoir été adjointe de direction. Ce mouvement de personnel amène aussi la Ville à afficher des postes, incluant une secrétaire à la Direction générale et à la Direction des ressources humaines et du développement organisationnel, un chef de service – arts, culture et bibliothèque et, un tout nouveau poste de conseiller en développement économique et tourisme. Notons que ces ajustements doivent engendrer des coûts additionnels à la masse salariale estimés à 268 100 $, une somme qui a déjà été prévue au budget de fonctionnement 2025.

Ces changements à l’organigramme s’expliquent par le fait que Belœil compte une population de 25 000 habitants aujourd’hui, mais qu’elle attend une croissance de 10 000 citoyens supplémentaires dans les prochaines années, notamment avec le développement d’un nouveau quartier. Cette croissance nécessite, selon la Ville, une « structure organisationnelle renforcée », et le nouvel organigramme doit permettre « une meilleure répartition des responsabilités, une réduction de la surcharge de travail des postes existants ainsi qu’une coordination optimisée entre les différents services municipaux, garantissant ainsi une efficacité administrative accrue et une meilleure gestion des connaissances institutionnelles ».

Malaise au conseil

L’adoption de ce changement ne s’est toutefois pas faite sans heurts. La conseillère Renée Trudel a exprimé son malaise sur le principe de changer l’organigramme à la direction de la Ville en l’absence du directeur général titulaire, Michaël Tremblay, en arrêt de travail depuis mai dernier mais dont on attend le retour « incessamment ». « Je me vois mal décider aujourd’hui d’un organigramme qu’il devra superviser, sans [avoir eu] son commentaire, sans son autorisation et sans son avis sur la question », a-t-elle exprimé.

Mme Viau a précisé en réponse que ce changement était souhaitable pour aider l’administration actuellement dans un contexte « fragile » en l’absence du directeur général, et que Michaël Tremblay était lui-même favorable à ses changements. « Tous ces éléments ont été validés par la direction générale lors d’une rencontre qu’on a eue avec M. Tremblay, qui jugeait que c’était effectivement intéressant comme proposition d’organigramme. » Mme Trudel a demandé d’avoir une preuve écrite de cet appui de M. Tremblay et de reporter le vote à une séance ultérieure, mais le vote a malgré tout été de l’avant, avec 4 voix contre 4, amenant la mairesse Viau à voter en faveur de la résolution.

En entrevue avec L’ŒIL, Mme Viau réitère que M. Tremblay a été rencontré dans les dernières semaines et qu’il a été informé des démarches pour modifier l’organigramme de la direction, mais qu’elle n’a aucune trace écrite de son soutien. « Non, ce n’est pas écrit et non, je n’exigerai pas que ça le soit », tranche-t-elle. Elle rappelle que les discussions sur les changements datent d’avant son arrêt de travail, et que son absence prolongée a rendu nécessaire d’agir maintenant. « Le directeur général, c’est le chef d’orchestre de l’administration et c’était important pour nous d’attendre son retour pour procéder à des embauches et revoir l’organigramme parce que c’est lui qui a la vision. C’est pour ça qu’on a attendu, mais après 10 mois d’absence, on se rend compte que la charge de travail est trop grande et qu’il fallait agir maintenant pour donner de l’air à la direction. […] Comme conseil, on doit prendre des décisions justes et éclairées et c’est pour ça qu’on a été de l’avant avec la modification de l’organigramme. » Nadine Viau insiste qu’il était nécessaire d’adopter ce changement immédiatement plutôt que de reporter l’exercice d’un mois, pour pouvoir afficher les postes le plus tôt possible.

Rappelons que le titulaire Michaël Tremblay est officiellement arrivé en poste le 15 janvier 2024, prenant le relais de Martine Vallières après 18 ans à la direction générale de la Ville de Belœil. Cela n’aura pris que quelques mois avant qu’il soit en arrêt de travail. Depuis, trois directeurs généraux intérimaires se sont succédé en attendant son retour, dont la date n’était toujours pas connue au moment d’écrire ces lignes.

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