9 mars 2022
Caterpillar 992 New Gen : un essai pas comme les autres
Par: Marc Bouchard
Photos Marc Bouchard

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Cette semaine, je ne vous le cacherai pas, je n’ai pas conduit le véhicule d’essai, le gigantesque Caterpillar 992 New Gen récemment acquis par les Carrières Saint-Dominique. Il faut dire que la complexité de la chose a de quoi faire peur. En fait, les opérateurs chevronnés devront passer quatre jours en formation pour le maîtriser. Vous aurez compris que mon passage de quelques minutes ne m’a pas permis de tout savoir.

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Cependant, pour quelqu’un comme moi qui se vante d’essayer toutes sortes de véhicules par dizaines chaque année, se retrouver assis dans un tel mastodonte est unique, mais ce n’est pas la première fois. J’avais eu, au même endroit, l’opportunité de tester le prédécesseur, le Cat 992 K. Cette fois, c’est la toute dernière génération de cette pelle chargeuse qui a pris place aux Carrières Saint-Dominique.

De grandes capacités

En seuls termes de dimensions, le Cat 992 est énorme. Un exemple concret : debout devant le pneu, le bras tendu vers le haut, je ne touche pas le sommet de la roue. Il a fallu cinq fardiers et deux semaines de travail pour transporter et assembler les morceaux de ce véhicule titanesque, le seul du genre dans l’est du Canada, et probablement en Amérique du Nord.

Plus précisément, il affiche une longueur maximale de 15,7 mètres, une hauteur maximale de 5,5 mètres (9,1 m avec la pelle relevée) et un empattement de 5,8 mètres, soit l’équivalent de la longueur hors tout d’un Chevrolet Suburban. Sa vitesse maximale est de 22,6 km/h en avançant et de 24,7 km/h en reculant.

Une fois mis en marche officiellement – il commençait son boulot le 1er mars – le véhicule est capable de soulever, en une seule pelle, l’équivalent de 23,1 tonnes métriques de roches. Pour les plus vieux comme moi, disons simplement qu’il peut prendre en charge plus de 50 000 livres d’un seul coup.

Pour Claude Dupuis et Michel Bonin, respectivement directeur général et responsable des équipements, cet ajout à la flotte est une immense fierté, mais surtout un grand pas vers l’avant. « Il est beaucoup plus rapide que l’ancienne génération et plus efficace. On pourra augmenter la cadence et la machine suivra sans problème », explique M. Dupuis.

Performances à la hauteur

Sous le capot de la bête se trouve un moteur C32B, un V12 diesel de 32 litres à l’impressionnante puissance. On parle ici de 614 chevaux et de près de 4000 livres-pied de couple. Cette douce machinerie consomme évidemment comme un ardent glouton : environ 90 litres de carburant par heure de fonctionnement. Il est tout de même 48 % plus efficace pour la même consommation de carburant que l’ancienne version.

La machine elle-même a du poids : environ 105 800 kilos, soit plus de 233 000 livres. Et si le coût d’acquisition de la machine se calcule en millions de dollars (on n’a pas trop insisté sur le prix), sachez que chacun des pneus a une valeur de plus de 35 000 $, et que les chaînes installées pour lui fournir un peu d’adhérence supplémentaire valent quelque 100 000 $ pour l’ensemble.

La conduite, pour sa part, est unique. Ne cherchez pas de traditionnel volant. De petites manettes, similaires à celles d’un jeu vidéo, servent à contrôler la direction et la pelle. Ne pensez pas non plus à des accélérations foudroyantes. Les départs sont lents, les déplacements aussi, mais la pelle s’active rapidement. Les commandes sont munies de capteur de retour de force, donnant la sensation exacte de déplacement aux mains de l’opérateur.

Deux écrans couleur de 254 mm (10 pouces) affichent les fonctions de commande et d’exploitation de la machine. Un écran séparé de 203 mm permet de visualiser la caméra de recul de série, qui offre une vision à 270 degrés et une détection d’objets, limitant les risques d’accident.

Je l’avoue, la seule montée à bord de la cabine impressionne. Il faut d’abord se hisser par une échelle pour atteindre le premier palier, puis emprunter un escalier pour atteindre le second palier où se trouve l’accès à certaines portions du moteur et la cabine à deux sièges.

Parcourir quelques mètres à bord con-firme les premières impressions. Le vacarme est impressionnant à l’extérieur, mais relativement bien contrôlé dans la cabine. En revanche, passer à quelques pas de camions de ciment douze roues et les regarder de haut comme s’il s’agissait de simples jouets (j’exagère à peine) donne une idée de l’immensité de la machine.

Le Cat 992 New Gen est un monstre, mais une merveille d’ingénierie. Et je l’avoue, une fois l’intimidation passée, la prochaine fois, j’espère bien mettre vraiment la main au volant (ou au « joystick » pour être précis).

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