« On est loin des coupures administratives qui nous avaient été présentées au tout début », dénonce la présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Joëlle Lavoie-Vigeant.
Afin d’atteindre les cibles budgétaires du gouvernement du Québec, le CISSS de la Montérégie-Est abolira des centaines de postes équivalents à 202 temps complets à travers son réseau, dont 120 sont pourvus actuellement par des employés. De ce nombre, 20 postes présentement pourvus se situent sur le territoire de Richelieu-Yamaska. La moitié touche des postes administratifs et l’autre moitié des postes cliniques.
L’un des impacts les plus importants, c’est l’abolition d’un poste d’éducateur spécialisé en pédopsychiatrie, observe Mme Lavoie-Vigeant, rattaché à un tout nouveau projet qui devait voir le jour incessamment. Il visait à permettre l’accès à sept lits pour de jeunes patients, de moins de 18 ans, en psychiatrie à l’hôpital Honoré-Mercier, mais il ne pourra pas être mis en place puisque le poste rattaché à ce service a été aboli. Les jeunes devront se diriger vers l’hôpital Charles-Le Moyne à Longueuil.
Un poste de sexologue clinicienne, qui offrait ses services à Saint-Hyacinthe, à Sorel-Tracy et à Longueuil, a aussi été aboli. La personne en fonction offrait des services de psychothérapie pour les personnes victimes de violence sexuelle.
« Elle venait de fermer la liste d’attente parce qu’elle débordait. On nous dit que les patients seront dirigés vers d’autres services dans le réseau, mais ces autres services n’offrent pas de psychothérapie. Ce n’est pas la même chose. Pour obtenir le même service, les patients devront se tourner vers le privé », ajoute Mme Lavoie-Vigeant.
Cette dernière dénonce aussi la réduction de l’équipe du service Accès jeunesse rattachée à Richelieu-Yamaska. En novembre 2024, la liste d’attente pour ce service comprenait 658 jeunes sur le territoire de Richelieu-Yamaska.
« C’est questionnable. À quel point avait-on le luxe de se priver d’un professionnel? Pour nous, c’est une analyse bâclée. Elle a été faite de façon aléatoire. Il y aura des impacts pour les gens. C’est une analyse à court terme sans évaluer les impacts à long terme », poursuit-elle.
Au départ, le CISSS de la Montérégie-Est avait ciblé une quarantaine de postes représentés par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), raconte la présidente pour la Montérégie-Est, Brigitte Petrie. Au moment de mettre sous presse, le nombre avait été diminué à cinq, dont trois postes situés à Saint-Hyacinthe.
« Une personne licenciée, c’est une personne de trop. C’est vraiment une situation triste. Selon nous, c’est une décision injustifiée parce qu’elle va avoir des impacts sur les ratios. On calcule et ça ne marche pas. On essaie encore de faire valoir nos arguments d’ici le 22 mars. On n’a pas les moyens de perdre des infirmières », ajoute Mme Petrie.
Entre autres, l’un des postes était attitré à la clinique spéciale de vaccination pour les personnes réfugiées. Selon Mme Petrie, cela mènera donc à un bris de service.
Prioriser la prise en charge urgente
Selon la porte-parole du CISSS de la Montérégie-Est, Véronique Darveau, l’analyse des postes a été réalisée afin de maintenir la prise en charge urgente de la population, de prioriser les mesures qui peuvent être déployées rapidement et de resserrer les services administratifs.
« Toutes les personnes touchées seront accompagnées pour un replacement au sein du CISSS ou ailleurs dans le réseau de la santé et des services sociaux. Les gestionnaires des équipes concernées travailleront à mettre en place des plans de relève afin de minimiser l’impact sur les équipes et les usagers », assure Mme Darveau.
Rappelons que le CISSS de la Montérégie-Est a pour consigne d’atteindre l’équilibre budgétaire d’ici le 31 mars 2025, en retranchant 71 M$ de ses dépenses.