10 juin 2021
Des outils pour aider les nouveaux propriétaires d’animaux
Par: Sarah-Eve Charland

Le président des Chiens Togo, Jean Lessard.Photo gracieuseté

La pandémie a été la scène d’une grande vague d’adoptions d’animaux. Ce phénomène qui a été observé partout inquiète les organisations de la région. Elles craignent une vague d’abandons au terme de cette pandémie puisque nombre de nouveaux propriétaires n’avaient pas conscience de toutes les implications d’une adoption.

Publicité
Activer le son

C’est notamment ce qui a poussé la fondation Les chiens Togo à publier un guide d’adoption. La publication est accessible à toutes les personnes qui en font la demande. « L’idée est de partager notre expertise en adoption responsable. On sait, à la lumière de la dernière année, qu’il y a eu plein d’adoptions. On s’attend à des abandons au déconfinement. On a cru bon de lancer ce guide d’adoption puisqu’on est bien placés pour en parler », explique le président de la fondation Les chiens Togo, Jean Lessard.

La pandémie n’a pas eu d’impact sur les activités de l’organisme de Mont-Saint-Hilaire, qui a pour objectif de former des chiens d’assistance psychologique. « Mais on voit l’impact général que ça a. Quand on adopte, c’est pour 15 ans. C’est une grande responsabilité. Ça va changer le rythme de vie », poursuit-il.

Le guide d’adoption explique donc tout ce qu’une adoption implique, que ce soit l’environnement familial, le mode de vie, les vacances ou les finances. Le guide est disponible au leschienstogo.com/adoption-responsable-togo.

Des propriétaires peu préparés

La Régie intermunicipale des services animaliers de la Vallée-du-Richelieu travaille sur une série de vidéos visant à sensibiliser les nouveaux adoptants. Elles porteront sur le langage et le comportement canin ainsi que sur la prévention des principaux problèmes de comportement. Les vidéos seront aussi accessibles gratuitement d’ici deux mois.

Au début de la pandémie, les gens s’étaient procuré des animaux à grands frais, mais n’avaient plus les moyens pour faire stériliser leur animal. On estime que les coûts reliés à un chat s’élèvent à environ 700 $ ou 800 $ par année. Pour un chien, la facture triple.

« Déjà là, c’était le premier drapeau levé. Si ces gens n’ont pas les ressources financières pour stériliser l’animal, ce sera difficile pour l’alimentation et pour tous les soins dont ces animaux auront besoin. Ces personnes avaient investi 2000 $ ou même 5000 $ pour un chiot. Ils disaient que justement, ils avaient mis tout leur argent pour l’achat. Ça nous a préoccupés », s’est inquiétée la directrice de la Régie, Suzie Prince, qui a quitté ses fonctions le 28 mai.

Le deuxième point observé depuis peu est celui des problèmes de comportement. Les chiens adoptés en pandémie ont été habitués à vivre tous les jours avec leurs maîtres. Ils peuvent donc vivre de l’anxiété lorsque leurs maîtres retournent travailler au bureau. De l’autre côté, certains chiens n’ont pas appris à socialiser adéquatement.

« Des chiens souffrent de l’anxiété de séparation. Les chiens peuvent réagir de façon importante. Ils aboient constamment. Ils détruisent des choses dans la maison. On a à travailler sur ces problèmes de comportement. […] Pour nous, c’est difficile parce que ce sont tous des motifs d’abandon. Si on travaillait à la base, on aiderait davantage les animaux », ajoute Mme Prince.

image