Selon Nancy Rock et Patrick Chartand, le 800 du Château a été retenu pour plusieurs tournages l’été dernier. Ils ont relevé une multitude d’inconvénients. Ils déplorent notamment les véhicules qui faisaient des virements dans leur entrée de stationnement, ce qui risquait d’accrocher leurs véhicules. « Il nous était également désagréable d’être dans notre cour dû au va-et-vient et au bruit qui était prédominant du matin au soir. Il y avait tellement de voitures stationnées devant chez nous qu’on avait peine à circuler. Nos voisins ont également subi ce désagrément. Malgré des navettes qui faisaient le va-et-vient entre l’école et le lieu de tournage, l’ensemble des places devant les demeures d’au moins quatre voisins était occupé par des véhicules du matin au soir, et ce, sur plusieurs semaines », ont-ils écrit dans une lettre envoyée à la Ville cet automne.
Selon le couple, le Manoir Rouville-Campbell aurait été un lieu beaucoup plus approprié pour les tournages. Le bâtiment patrimonial a en effet accueilli quelques plateaux de tournage depuis qu’il appartient à la Municipalité.
Dans les heures permises
Le 800 du Château a été retenu pour un autre tournage, cette fois-ci par les productions QOLAB, le 12 février. L’équipe de tournage a demandé l’autorisation à plusieurs voisins afin de tourner jusqu’à minuit. Cependant, un total de quatre résidences ont refusé de donner leur autorisation.
Le tournage a néanmoins eu lieu, car les règlements de la Ville permettent de tourner jusqu’à 21 h dans une résidence privée. Le consentement de 80 % des résidents est exigé quand les tournages se font le week-end ou entre 21 h et 7 h la semaine. Dans le cas du 12 février, la Ville est d’avis que les conditions du permis, émis au montant de 238 $, ont été respectées.
« Il est fort plausible qu’à 21 h tout était terminé. Par la suite, les équipes doivent procéder au démontage, au rangement du matériel et à la remise en ordre de la résidence, selon l’entente avec le ou la propriétaire de la résidence. Comme le tournage se déroulait à l’intérieur, il est difficile de savoir qui était encore sur place dépassé 21 h! Quant à l’inspecteur, il a effectué son travail en s’assurant du respect du règlement selon le permis délivré », rapporte la porte-parole de la Municipalité, Geneviève Désautels. « Le bruit ne semble toutefois pas avoir affecté le voisinage, puisque nous n’avons reçu aucune plainte de nuisance sonore à cet effet pour le tournage du 12 février dernier. »
« Tout a été fait dans les règles de l’art. Nous avons été respectueux du voisinage », renchérit de son côté le directeur de production, Philippe Gravel.
Pas de changement
Mont-Saint-Hilaire assure avoir à cœur le bien commun de ses citoyens et souligne que sa politique de tournage a été établie dans cet esprit. Selon les circonstances et le contexte du tournage, la Ville n’hésiterait pas à exiger des conditions supplémentaires pour un tournage dans des conditions optimales pour le respect du milieu de vie. Mais il est hors de question d’interdire le tout en quartier résidentiel.
« Actuellement, au Québec, de nombreux acteurs prennent la parole dans les médias nationaux pour souligner l’importance de soutenir notre culture. Nous croyons que les tournages en milieu résidentiel en font partie et représentent une pratique courante, car ils sont beaucoup plus accessibles financièrement que les tournages en studio. Ces tournages font partie intégrante de nos mœurs culturelles, pour une culture que nous souhaitons forte et belle. Mont-Saint-Hilaire ne fait pas exception. Il y a ici un rappel à des valeurs de base sur la cohabitation, le respect et le partage du bien commun », ajoute Mme Désautels.