2 février 2022
Docusérie « Femme, je te tue »
Ingrid Falaise donne la parole aux proches de huit victimes de féminicide
Par: Olivier Dénommée
La comédienne et autrice originaire de Mont-Saint-Hilaire Ingrid Falaise anime la docusérie Femme, je te tue. Photo Eve B.Lavoie

La comédienne et autrice originaire de Mont-Saint-Hilaire Ingrid Falaise anime la docusérie Femme, je te tue. Photo Eve B.Lavoie

L’Hilairemontaise Ingrid Falaise, que l’on a d’abord connue comme comédienne, puis comme autrice, milite depuis des années pour que cessent la violence conjugale et la violence faite aux femmes. Elle anime la toute nouvelle série documentaire Femme, je te tue sur la chaîne Investigation, où elle donne notamment la parole aux proches de huit femmes victimes de féminicide.

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La diffusion de Femme, je te tue vient après une triste année record en matière de féminicides au Québec. « On m’a offert de porter cette série. J’en avais envie et j’avais besoin de le faire », note Ingrid Falaise. L’équipe de la série met en lumière huit histoires, toutes différentes, de femmes qui n’auraient jamais dû perdre la vie, et leur rend hommage par la voix de leurs proches laissés derrière. « Dans les témoignages, on entend l’horreur, les dommages que ça a causés, la peine, le deuil impossible à faire parce qu’ils attendront toujours qu’elles franchissent à nouveau le cadre de porte », relate l’animatrice.

Femme, je te tue rend tour à tour hommage à Clémence Beaulieu-Patry, à Marylène Levesque, à Sonia Raymond, à Milia Abrar, à Francine Bissonnette, à Jaël Cantin, à Josiane Arguin et à Véronique Barbe, violemment tuées entre 1996 et 2020. « Tous les témoignages sont difficiles à entendre, mais celui de la mère de Marylène Levesque est à faire des cauchemars! C’est aussi déchirant d’entendre celui des parents de Clémence Beaulieu-Patry. C’était une famille tricotée serrée qui vivait dans le bonheur », mentionne Ingrid Falaise, qui a su construire un beau lien de confiance avec les familles endeuillées.

Elle précise que si l’histoire de Daphné Huard-Boudreault, assassinée par son ex-conjoint à Mont-Saint-Hilaire en 2017, ne fait pas partie de cette série, c’est parce qu’elle l’a déjà abordée dans un autre de ses projets.

Faire changer les choses
La série n’aborde pas que des histoires de violence conjugale à travers ses huit épisodes. Dans certains cas, ces femmes sont aussi victimes d’exploitation sexuelle, de misogynie pure ou encore d’un « crime d’honneur ». « Dans les épisodes, on garde un bon équilibre entre le côté humain et le côté policier, avec des témoignages d’experts. C’est une série qui est dure à regarder, mais qui ne tombe pas dans le sensationnalisme. À la fin de chaque épisode, on honore la mémoire de la victime et on laisse la parole aux proches. Je suis très contente du résultat », soutient Ingrid Falaise, sentant qu’une telle série était « nécessaire » pour faire avancer la cause.

Elle sent d’ailleurs que des progrès se font, petit à petit, dans la société. « Les hommes font aussi partie de la discussion, de la solution. Si on veut changer, ça doit passer par de l’éducation et il faut qu’on réalise que le féminisme est l’affaire de tous. Il ne faut plus que ces meurtres de femmes restent simplement des faits divers. »

Femme, je te tue aura-t-elle droit à une deuxième saison? « Malheureusement, on a du matériel en masse pour poursuivre la série… On attend le feu vert du diffuseur, selon les cotes d’écoute. Mais j’ai encore le goût de le faire si on m’en donne l’occasion », lance l’Hilairemontaise.

En dehors de cette docusérie, Ingrid Falaise poursuit ses collaborations à Salut Bonjour et devrait terminer sa trilogie « Face aux monstres » avec Face aux monstres : l’origine, un face-à-face avec trois monstres qui devrait être diffusé le 28 mars sur les ondes de Radio-Canada.

Femme, je te tue, d’un format de 30 minutes, est diffusé depuis le 25 janvier, le mardi à 22 h, sur Investigation. Les épisodes se trouvent ensuite sur noovo.ca.

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