9 mars 2022
La COVID-19 fait dérailler l’utilisation du train
Par: Denis Bélanger

En 2021, seulement 202 057 personnes ont emprunté le train de banlieue de la ligneMont-Saint-Hilaire. Photo François Larivière | L’OEil Régional ©

Sans grande surprise, la pandémie de la COVID-19 a entraîné une baisse draconienne du nombre d’utilisateurs du train de banlieue. La ligne 3 de Mont-Saint-Hilaire a perdu un peu plus de deux millions d’usagers depuis le début de la crise sanitaire. Exo se montre confiant de revoir une augmentation dès 2022.

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En 2019, un total de 2 260 746 usagers avaient emprunté la ligne 3 du train de banlieue. Ce nombre a baissé à un peu plus de 200 000 en 2021. Seule la ligne 5 de Mascouche a obtenu moins d’utilisateurs en 2021 avec un total de 112 719. La baisse vertigineuse a touché toutes les lignes de train de banlieue d’exo. L’an dernier, aucune des cinq lignes n’a dépassé la barre du million d’usagers.

Seules les lignes 1 de Vaudreuil- Hudson et 2 de Saint-Jérôme ont perdu plus d’utilisateurs que celle de Mont-Saint-Hilaire. La baisse est de 2 524 989 pour la ligne 2 et de plus de trois millions pour la ligne 1.

La fermeture des commerces essentiels, l’imposition d’un couvre-feu, l’enseignement en mode virtuel et le télétravail obligatoire sont quelques mesures sanitaires imposées par le gouvernement du Québec qui ont eu un effet considérable sur l’achalandage. Le retour de la clientèle, principalement des étudiants et des travailleurs du centre-ville, devrait se faire de manière progressive, selon le porte-parole d’exo, Jean-Maxime St-Hilaire. « À moyen terme, nous croyons que l’achalandage de nos trains pourrait atteindre 50 % du niveau prépandémique d’ici la fin de l’année 2022, pour ensuite continuer d’augmenter graduellement au cours des années suivantes. »

L’organisme de transport devra néanmoins continuer de composer avec les changements dans l’organisation du travail ainsi que la migration de citoyens vers les banlieues. Deux facteurs qui amènent déjà des changements aux habitudes de déplacement des usagers. La pandémie a d’ailleurs entraîné une augmentation de l’achalandage pour les lignes locales d’autobus. M. St-Hilaire confirme qu’exo continuera de développer les services locaux et intracouronnes pour l’ensemble du territoire desservi.

« Nous avons notamment entamé en 2019 une grande refonte de nos réseaux d’autobus afin de répondre aux besoins évolutifs des citoyens des couronnes de Montréal. Les consultations publiques à propos des nouveaux réseaux d’autobus des secteurs Chambly-Richelieu-Carignan, Le Richelain et Roussillon sont terminées et ces réseaux entreront en service en même temps que l’arrivée du REM, prévue à l’automne 2022. Des consultations publiques sont actuellement en cours pour les secteurs La Presqu’Île et Laurentides – Terrebonne-Ouest. À terme, tous les secteurs du réseau exo, dont la Vallée-du-Richelieu, seront revus et reconfigurés. »

Peu d’impact sur le développement

Notons que les gares de train de banlieue sont les pierres d’assise du développement résidentiel de type TOD (Transit Oriented Development), aménagé pour favoriser les transports collectifs et actifs. Les villes de Mont-Saint-Hilaire et de McMasterville, qui possèdent une gare de train de banlieue sur leur territoire, doutent fort que la baisse d’achalandage du train de banlieue ait un impact sur la prospérité ou le développement de ces quartiers.

« La baisse ponctuelle de l’achalandage due à la pandémie ne modifie pas les objectifs du Plan métropolitain d’aménagement et de développement. Créer un milieu de vie complet, offrant une diversité de types de logements et qui favorise la mobilité active demeure toujours pertinent dans une perspective à long terme », souligne le maire de McMasterville, Martin Dulac.

« Il y a eu des signes intéressants de reprise du transport collectif entre les vagues de la pandémie. Cela laisse supposer qu’une reprise est possible. Je ne me fais pas de souci pour le village de la Gare, mais on reste tout de même à l’affût », ajoute de son côté le maire de Mont-Saint-Hilaire, Marc-André Guertin.

Il assure cependant qu’un changement de paradigme est en train de s’opérer. « Nous sommes intéressés à réfléchir aux prochains pas qu’il faudra faire pour favoriser la mobilité durable et opérer la nécessaire transition écologique. Cela devra notamment se faire avec nos partenaires régionaux comme exo, l’ARTM, la CMM et la direction régionale du MTQ. Les défis sont grands, mais notre volonté est proportionnellement grande pour la transition écologique, la mobilité active et le transport collectif. »

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