1 Décembre 2021
Vitesse sur la rivière Richelieu
La Fondation Rivières demande l’appui de la population
Par: Vincent Guilbault
Le fondateur de la Fondation Rivières, le comédien Roy Dupuis, a publié une vidéo sur YouTube où il invite les citoyens en faveur de la réglementation sur la vitesse à se manifester auprès des élus.Capture d’écran

Le fondateur de la Fondation Rivières, le comédien Roy Dupuis, a publié une vidéo sur YouTube où il invite les citoyens en faveur de la réglementation sur la vitesse à se manifester auprès des élus.Capture d’écran

Le comédien Roy Dupuis, aussi cofondateur et porte-parole de la Fondation Rivières, s’est mêlé du dossier de la vitesse sur la rivière en invitant les gens à soutenir la future réglementation sur la rivière Richelieu. Dans une vidéo publiée sur YouTube, au nom de la Fondation, M. Dupuis affirme que les vagues causées par une vitesse trop grande détruisent l’habitat du chevalier cuivré, un poisson « qui vit et se reproduit à un seul endroit au monde », soit dans le Richelieu.

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Le comédien appelle surtout les gens en faveur de cette réglementation de se manifester auprès de leurs élus pour les soutenir dans cette démarche. Rappelons que la réglementation, qui limiterait la vitesse des bateaux à 10 km/h et interdirait le wakeboard, a été présentée par Transports Canada à la demande des anciens maires de Saint-Antoine, Saint-Denis, Saint-Charles et Saint-Marc-sur-Richelieu.

Toutefois, devant une opposition grandissante, Transports Canada a demandé aux nouveaux maires des quatre mêmes municipalités, élus en novembre dernier, de réaffirmer l’appui des municipalités à la réglementation qui s’appliquerait sur un tronçon de 20 km de la rivière Richelieu qui longe ces villages. Les nouveaux élus se donnent jusqu’à la mi-décembre pour répondre, préférant consulter leur population avant de trancher (voir dates de consultations plus bas).
La future réglementation a soulevé un certain tollé auprès de propriétaires de bateaux et de marinas, qui prétendent ne pas avoir été consultés et qui demandent l’abandon de la réglementation en faveur d’une autre réglementation moins restrictive. La Fondation Rivières milite donc pour que le projet actuel aille de l’avant.

Pour la Fondation Rivières, cette réglementation, une « première au Québec », est une innovation en matière de protection des berges et les gens en faveur ont le devoir de se manifester pour appuyer les nouveaux élus qui ont hérité de cette décision.

« Il faut dire aux citoyens que les anciens élus ont déjà appuyé la réglementation et il faut les soutenir », indique André Bélanger, directeur général de l’organisme. « L’enjeu numéro un, c’est la grosseur des vagues. Il n’y a aucune solution concernant le wakeboard. » Le directeur rappelle que la science montre qu’à moins de 300 mètres des berges, les vagues causées par le sport favorisent l’érosion des berges et brassent les sédiments marins.

Concernant la limite de 10 km/h, M. Bélanger admet que ce n’est pas « le fun » comme solution, mais c’est une solution « qui s’impose ». « Même si ça semble être du mur-à-mur, c’est une réglementation simple et applicable. »
Il est normal selon lui que les propriétaires de bateaux et de marinas s’opposent, mais ils sont moins nombreux que les gens en faveur de la réglementation, pense-t-il. Et limiter la vitesse permettra une meilleure cohabitation entre embarcation motorisée et non motorisée, ainsi qu’avec les nageurs. « C’est inévitable, nous aurons une démocratisation des accès et des usages [avec cette limite de vitesse]. »

Les opposants veulentun compromis
Sept propriétaires de marinas de la région reconnaissent qu’il y a un problème sur la rivière Richelieu, notamment de cohabitation, et un manque de respect provenant de certains plaisanciers. Mais il n’est pas nécessaire de limiter la vitesse à 10 km/h, disent-ils dans une publicité publiée dans nos pages cette semaine. Les marinas proposent plutôt d’établir une « charte de la navigation responsable », signée par les plaisanciers, et qui devra être respectée sous peine d’une expulsion des marinas. La réception d’une photo ou une vidéo d’un citoyen sera suffisante pour expulser les contrevenants. Ils proposent aussi une limite de vitesse, mais qui serait imposée seulement aux propriétaires de bateaux de plus de 32 pieds, et ce, de Chambly à Saint-Ours.

Les propriétaires suggèrent aussi la création d’un fonds de protection du Richelieu, à même les frais des utilisateurs des marinas, pour protéger les berges et l’habitat du chevalier cuivré. Des mesures pourraient inclure l’installation de bouées pour délimiter des zones d’habitat.

Finalement, les propriétaires proposent de mieux sensibiliser les plaisanciers par des brochures explicatives ou de la publicité.

De son côté, André Bélanger se dit peu convaincu des options avancées par les marinas, qui ont surtout peur de perdre le monopole de l’eau. Il insiste sur le fait que la solution du 10 km/h a été proposée par un comité d’experts, à la demande du Bureau nautique du Canada, et qu’il s’agit « de la meilleure solution ». La Fondation pourrait être prête à accepter un règlement différent si les marinas pouvaient s’engager à réduire les vagues, mais que le « fardeau de la preuve » repose sur eux.

Autre appui
Au moment de mettre sous presse, l’Association des Saint-Marcois, un regroupement de citoyens de Saint-Marc-sur-Richelieu, venait d’annoncer ses couleurs en annonçant un appui à la réglementation. Dans un mémoire qui sera déposé le mercredi 1er décembre, les membres du conseil d’administration soulignaient être « convaincus du bien-fondé de cette réglementation promue par les quatre municipalités concernées ». Cette réglementation permet selon eux de respecter l’équilibre écologique de la rivière, de favoriser la santé et la sécurité de l’ensemble des usagers et de promouvoir « une justice écologique ».

Le Bloc québécois va appuyer les villes
Le chef du Bloc québécois et député de Belœil–Chambly, Yves-François Blanchet, et les députés Xavier Barsalou-Duval (Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères), Stéphane Bergeron (Montarville), Christine Normandin (Saint-Jean) et Louis Plamondon (Bécancour–Nicolet–Saurel) soutiendront les municipalités qui voudront limiter la vitesse sur la rivière Richelieu, comme c’est projeté à Saint-Antoine, Saint-Denis, Saint-Marc et Saint-Charles-sur-Richelieu.
Les députés en ont fait l’annonce la semaine dernière après une rencontre qui visait à faire front commun pour protéger la rivière Richelieu, son bassin versant et tout son écosystème.

Les députés ont profité de l’occasion pour réaffirmer leur soutien aux quatre municipalités riveraines de la rivière Richelieu afin que la vitesse des embarcations soit limitée à 10 km/h sur un tronçon de 20 km. Ils ont aussi souligné qu’ils appuieraient de futures demandes. « Dans un esprit de collaboration, nous irons à la rencontre des municipalités concernées et des groupes qui souhaitent s’entretenir au sujet d’une nouvelle réglementation qui pourrait éventuellement s’étendre à l’ensemble de la rivière Richelieu », assure Yves-François Blanchet, député de Belœil–Chamblyet chef du Bloc québécois. Notons que les nouveaux élus de Mont-Saint-Hilaire se sont dits ouverts à une telle réglementation sur le tronçon de rivière qui longe la municipalité. Invité à commenter l’impact d’une telle réglementation sur toute la longueur de la rivière, le député de Belœil–Chambly a décliné notre demande d’entrevue.

Le caucus du Richelieu des députés du Bloc québécois a aussi promis la plantation de 20 000 arbres pour solidifier les berges et protéger le chevalier cuivré, une espèce de poisson en péril.

Le caucus souhaite aussi rencontrer les acteurs clés du milieu municipal et de Parcs Canada afin de mener à terme le projet d’aménagement d’une piste cyclable sur le barrage Fryer, qui relie les municipalités de Richelieu et de Carignan.

Les députés Christine Normandin, Xavier Barsalou-Duval, Yves-François Blanchet et Stéphane Bergeron se sont rencontrés pour discuter des enjeux qui touchent la rivière Richelieu.
Photo gracieuseté

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