29 septembre 2021
La gestion des matières résiduelles, toujours matière à débat
Par: Olivier Dénommée
Le nouvel horaire de la MRC de La Vallée-du-Richelieu ne prévoit que 17 collectes des déchets par année dans les municipalités qui lui ont délégué cette responsabilité. Les matières organiques sont ramassées 43 fois cette année et le recyclage 26 fois.Photothèque | L’Œil Régional ©

Le nouvel horaire de la MRC de La Vallée-du-Richelieu ne prévoit que 17 collectes des déchets par année dans les municipalités qui lui ont délégué cette responsabilité. Les matières organiques sont ramassées 43 fois cette année et le recyclage 26 fois.Photothèque | L’Œil Régional ©

Dans la période du 1er janvier au 30 juin 2021, la MRC a noté une augmentation de 17 % des matières organiques valorisées par biométhanisation, ce qui représente 500 tonnes de matières organiques. Malgré ces chiffres, certains candidats aux élections électorales soutiennent que l’adhésion à l’organibac (bac brun) est encore inégale auprès de la population, notamment par manque d’éducation sur ce qu’on peut y mettre.Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Dans la période du 1er janvier au 30 juin 2021, la MRC a noté une augmentation de 17 % des matières organiques valorisées par biométhanisation, ce qui représente 500 tonnes de matières organiques. Malgré ces chiffres, certains candidats aux élections électorales soutiennent que l’adhésion à l’organibac (bac brun) est encore inégale auprès de la population, notamment par manque d’éducation sur ce qu’on peut y mettre.Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Même si le changement de la fréquence de collecte des matières résiduelles est en vigueur depuis le 1er janvier 2021, le sujet continue régulièrement de susciter des réactions – souvent négatives – de citoyens qui trouvent difficile de voir les ordures n’être ramassées qu’une fois toutes les trois semaines. Le sujet semble d’ailleurs s’être invité dans la campagne municipale, du moins auprès de quelques candidats.

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C’est la MRC de La Vallée-du-Richelieu qui est responsable de la gestion des matières résiduelles dans la quasi-totalité de ses municipalités, à l’exception de Chambly et de Saint-Basile-le-Grand, et elle dresse un portrait somme toute très positif des premiers mois de ce changement. « On comprend que changer les habitudes demande une adaptation, mais on constate une amélioration de l’acceptabilité et de la compréhension », note Ariane Levasseur, conseillère à la communication à la MRC.

Elle reconnaît que la MRC a reçu son lot de plaintes depuis le changement en début d’année, mais soutient que les citoyens en général ont appris à adhérer au changement. « On a aussi reçu des appels de citoyens qui nous ont dit merci, même si ce n’est pas la majorité! » Le coordonnateur à l’environnement à la MRC, Joël Éric Portelance, reconnaît que si « certains citoyens avaient déjà de bonnes habitudes de gestion des matières résiduelles, d’autres ne les avaient pas. Pour eux, c’est un grand changement et ça prend plus de temps pour s’y habituer ». Cela explique selon lui la résistance de certains résidents près de neuf mois après le changement de fréquence de collecte.

Changement nécessaire
Les employés de la MRC voient davantage les bienfaits de ces nouvelles méthodes. « Cette réforme a amené les gens à faire un meilleur tri entre les différents bacs. Après six mois, on voit un résultat et on félicite la grande majorité des citoyens qui participent à l’effort collectif demandé », soutient Denis Laplante, directeur du Service du développement durable à la MRC.

« Avant, les matières encombrantes allaient directement à l’enfouissement, sans tri préalable. L’ajout de nouveaux services a permis davantage de valorisation de matières sur le territoire. Pour la première fois, on valorise plus que ce qu’on envoie à l’enfouissement : du 1er janvier au 30 juin, on a valorisé 56,4 % des matières en bordure de rue contre 43,6 % vers les sites d’enfouissement », ajoute M. Portelance. Cela représente, toujours selon les chiffres de la MRC, une diminution de 30 % des matières envoyées à l’enfouissement.

Enjeu électoral
Même si la collecte des matières résiduelles est depuis plusieurs années sous la juridiction de la MRC de La Vallée-du-Richelieu, cela n’empêche pas certains candidats de vouloir ramener cette question dans la campagne municipale en cours. C’est notamment le cas du parti Belœil debout de Réginald Gagnon, qui a bien l’intention de réviser la fréquence de la collecte des ordures à la hausse, voire de changer l’entente avec la MRC ou le fournisseur le cas échéant (voir autre texte).

D’autres partis, comme Oser Belœil, ne vont pas aussi loin que d’envisager un changement de fréquence de collecte. Ils critiquent toutefois le manque d’éducation et le trop peu de temps accordé aux citoyens pour se préparer à ce changement. « Ça aurait pris une année de transition. Là, on sent que la colère et l’incompréhension des citoyens réfractaires se sont installées », commente Nadine Viau, candidate à la mairie de Belœil. La plateforme électorale de l’équipe Belœil, c’est nous!, de Luc Cossette, inclut aussi un point sur la « réévaluation de la cueillette des matières résiduelles », sans nécessairement arriver à la conclusion que la collecte des déchets aux trois semaines est problématique.

La mairesse sortante de Belœil et actuelle préfète de la MRC, Diane Lavoie, ajoute aussi son grain de sel dans ce débat politique. « C’est la MRC qui a compétence et qui pilote le dossier », rappelle-t-elle, soutenant que la MRC a des obligations gouvernementales à respecter. « Pourquoi d’autres MRC arrivent à faire une collecte aux trois semaines sans problème et pas nous? » Pour elle, il reste effectivement de l’éducation à faire, pour « amener les citoyens à comprendre les raisons derrière les changements ». Mme Lavoie espère voir le retour de la « patrouille verte », selon elle la meilleure façon de sensibiliser la population aux bonnes pratiques. « Mais ça fait deux étés que c’est difficile, à cause de la pandémie », remarque-t-elle.

Du côté de la MRC, on ne sent pas qu’il y a des lacunes au niveau de l’information transmise aux citoyens. « Le message annonçant le changement a été transmis dès octobre 2020. Cette année, on a aussi créé un nouvel outil, le guide de tri virtuel, sur le site web de la MRC », soutient Ariane Levasseur. Des applications mobiles existent aussi pour aider les citoyens à trier ce qui doit aller dans les différents bacs, insiste la conseillère à la communication.

Retour en arrière impossible
À la MRC, on ne semble pas trop s’inquiéter des débats politiques sur la question de la collecte des matières résiduelles. « Il y a une volonté de maintenir le cap, assure Denis Laplante. Ces efforts sont pour rencontrer les objectifs fixés par le gouvernement du Québec. Dans un contexte de changements climatiques, c’est un incontournable. Le statu quo n’est plus possible et chacun doit prendre conscience qu’il est important de poser des gestes qui vont diminuer les émissions de GES. »

Toujours dans ses objectifs de diminuer son empreinte écologique, la MRC a bien hâte d’enfin offrir le service d’écocentre régional. « C’est un service qui est attendu et que les citoyens vont apprécier », assure M. Laplante. Des annonces concernant ce dossier devraient être faites dans les prochaines semaines.

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