23 novembre 2022
Belœil
La mairesse Nadine Viau poursuivie en diffamation pour 60 000 $
Par: Olivier Dénommée
La mairesse de Belœil, Nadine ViauPhoto François Larivière | L’Œil Régional ©

La mairesse de Belœil, Nadine ViauPhoto François Larivière | L’Œil Régional ©Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

L'ancien conseiller municipal Réginald Gagnon.Photothèque | L’Œil Régional ©

L'ancien conseiller municipal Réginald Gagnon.Photothèque | L’Œil Régional ©

Quatre semaines après une séance publique où les esprits se sont échauffés, menant la mairesse de Belœil, Nadine Viau, à apostropher l’ancien conseiller municipal Réginald Gagnon en l’accusant notamment de gestes immoraux et d’intimidation, ce dernier a officiellement entamé une poursuite en diffamation contre elle, lui réclamant 60 000 $ à la chambre civile de la Cour du Québec.

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La demande introductive d’instance de la poursuite, dont le journal a obtenu copie, relate les relations « tendues » entre M. Gagnon et Mme Viau, qui se sont côtoyés alors qu’il était élu et qu’elle était employée de la Ville, de même que la saga entourant l’éligibilité de Marc-Olivier Bérubé, remise en question une première fois en mai dernier par Réginald Gagnon avant d’être élu en juin, pour finalement démissionner en septembre. Mais c’est lors d’un débat houleux le 24 octobre que les paroles ont été prononcées, alors que les autres partis autour de la table ont demandé au parti de la mairesse de rembourser les frais de la précédente élection partielle. « Furieuse et cherchant manifestement à se venger de la perte de son conseiller lui assurant le contrôle de l’hôtel de ville, [Nadine Viau] se lance alors dans un discours tout à fait indigne d’une mairesse et calomnie de façon odieuse le demandeur », argue la poursuite. Notons que le demandeur, M. Gagnon, n’avait pas pris la parole le soir de la séance publique.

M. Gagnon, qui cumule trois mandats à titre de conseiller à Belœil en plus de travailler comme avocat et courtier immobilier, estime que sa réputation a été lourdement entachée par la sortie publique de la mairesse, d’autant plus qu’elle s’est faite devant les caméras de TVR9 et en présence du journaliste de L’Œil Régional qui a rapporté l’événement. « Je lui ai fait parvenir une mise en demeure [le 28 octobre] lui demandant de se rétracter sur ses propos tenus le 24 octobre, mais comme elle l’a fait savoir dans le journal, elle ne s’est pas excusée. J’ai donc déposé ces documents [lundi] », confirme Réginald Gagnon.

Selon la requête, « le discours de [Mme Viau] constitue une diffamation ainsi qu’une atteinte intentionnelle à la dignité, à l’honneur et à la réputation », amenant M. Gagnon à demander un montant de 25 000 $. De plus, comme elle aurait usé de son statut de mairesse « pour démolir un adversaire et régler des comptes personnels », il réclame une somme de 35 000 $ en dommages punitifs, amenant le total à 60 000 $. « Comment évaluer la perte de la réputation? Plusieurs éléments peuvent influencer et ce sera au juge de trancher au moment opportun », soutient-il, estimant que ce montant est raisonnable dans les circonstances. Il ne s’attend toutefois pas à ce que ce dossier aille en cour avant deux longues années.

Au moment d’écrire ces lignes, Nadine Viau n’avait pas encore en mains la poursuite, et ne souhaitait donc pas commenter à ce stade-ci. « Les avocats [de la Ville] étudieront le dossier en temps opportun », a-t-elle fait savoir.

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