16 novembre 2022
La passionaria
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

L’avenir du Manoir Rouville-Campbell suscite beaucoup de questionnements. Depuis que la famille Imbault a « donné » le Manoir en échange d’un reçu pour fin d’impôt de 31 M$, les Hilairemontais se demandent ce qui adviendra de ce bâtiment patrimonial.

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Oui, certes, les gens sont attachés à cette bâtisse et à son histoire, mais pour le moment, il semble que le Manoir ne fasse que coûter son pesant d’or en entretien et en frais de toutes sortes.

Bonne décision d’avoir mis sur pied un comité des sages afin d’évaluer la vocation du bâtiment.

Bon coup aussi, dois-je ajouter, d’avoir recruté l’ancienne ministre Liza Frulla. En nous renseignant sur cette pionnière, nous sommes obligés de reconnaître la qualité de sa nomination. Mme Frulla a été ministre de la Culture au palier provincial et ministre du Patrimoine pour le fédéral. C’est sans compter ses emplois de journaliste, de directrice de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) et tous les plafonds de verre qu’elle a brisés pour les femmes en devenant souvent la première femme à occuper un poste réservé aux hommes, comme directrice chez Labatt ou à la station CKAC. Et je passe sur toutes les médailles et les honneurs. Une femme de passion! La Passionaria, dit le titre de sa biographie signée de la plume de la chroniqueuse Judith Lussier, paru en 2020. Un mot emprunté à l’espagnol pour parler d’une fervente militante. Ça promet.

Seul bémol : L’ITHQ n’a jamais daigné répondre à nos demandes pour une entrevue ou pour une photo récente de Mme Frulla. On repassera pour les relations publiques.

Il aurait été intéressant de discuter avec Mme Frulla de sa vision du Manoir, aussi préliminaires auraient été ses premières impressions. J’espère que nous aurons l’occasion de pouvoir nous entretenir avec elle pour connaître sa vision sur l’un de nos plus beaux joyaux historiques de la région.

Normalité

Dans un autre ordre d’idées. Le journal que vous lisez en ce moment me semblait être « l’édition de la normalité ». Tout ça semblait prometteur avant l’annonce du retour des masques dans l’espace public.

Le père Noël qui quitte enfin son royaume pour revenir parmi les mortels; le retour de Nez rouge pour nous permettre de nous paqueter la face dans les partys de bureau; une autre conclusion de saison pour nos équipes sportives; des lancements de romans et des annonces de concerts; une campagne d’achat local pour nous ramener dans le bon vieux capitalisme si réconfortant de nos vies occidentales. On se croirait en 2018!

Bien sûr, il y a quelques nouveautés comme la guerre en Ukraine et la COP 27 (on a déjà été plus fiers d’être Canadiens, mettons). Sinon, c’est comme avant la pandémie.

Sauf que ce ne l’est pas tout à fait.

J’ai pris part à mon deuxième ou troisième party ce week-end et tout semblait revenu à la normale. On s’embrassait, se donnait la main, se servait dans le buffet en oubliant les pinces et le gel alcoolisé. Les changements d’habitudes peinent à s’imposer. Sauf si tu osais parler de « ton petit mal de tête » ou si tu te raclais la gorge; on te regardait comme un espion chinois qui veut voler des secrets industriels.

Je sais que les masques ne seront pas obligatoires et que la santé publique ne s’enligne pas pour l’imposer. Mais c’est un rappel que le virus est encore bien présent.

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