28 mai 2021
Espèce menacée
La sauvegarde du martinet ramoneur par de petits gestes
Par: Sarah-Eve Charland

Le martinet ramoneur est un oiseau dont la survie est en péril.Photo gracieuseté Michael Veltri

« On pense que l’être humain est la cause de tous les problèmes, mais je pense qu’il fait surtout partie de la solution », souligne la porte-parole du Centre de la nature du mont Saint-Hilaire, Geneviève Poirier. Alors que la population des martinets ramoneurs a diminué de près de 95 % au cours des 40 dernières années, le Centre de la nature ne perd pas espoir en développant plusieurs mesures afin de favoriser leur sauvegarde.

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L’organisme cherche d’ailleurs à faire financer des projets dans le cadre de son plan Protection et conservation de l’habitat des espèces en péril de la Réserve de Biosphère du mont Saint-Hilaire 2021-2023.

Le Centre de la nature souhaite équiper les oiseaux d’un émetteur de radio-télémétrie permettant aux biologistes de suivre leurs déplacements et de découvrir les endroits où ils nichent. Ce projet se réaliserait en collaboration avec le Zoo de Granby. Ce dernier a déjà mené un projet semblable qui avait permis de découvrir des nids en milieu naturel.

Le martinet ramoneur est un oiseau qui niche principalement dans des cheminées puisque les gros arbres creux sont de moins en moins nombreux. C’est aussi une espèce qui se nourrit de milliers d’insectes par jour. En raison de l’utilisation de pesticides, la nourriture s’est faite plus rare pour ces oiseaux. Le martinet ramoneur est donc considéré comme une espèce menacée.

Il est difficile d’estimer l’inventaire des martinets ramoneurs dans la région. Le Centre de la nature surveille une cheminée industrielle à Belœil et une à Chambly. Pour chacune d’entre elles, on y retrouve une centaine de martinets ramoneurs durant la période de nidification, soit de mai à septembre.

Aussi, dans une optique de recherche et d’expérimentation, un citoyen de Saint-Charles-sur-Richelieu a construit une cheminée artificielle afin d’y accueillir les martinets. La cheminée est pratiquement terminée et est prête pour la période de nidification. Le Centre de la nature suivra son évolution afin de voir si elle fonctionne ou non.

Protéger l’espèce

Une équipe d’une douzaine de bénévoles fait le suivi de 22 cheminées dans la région. Le Centre de la nature approche aussi des propriétaires de cheminées, que ce soit des particuliers, des commerces ou des municipalités, afin de les sensibiliser.

À l’heure actuelle, huit propriétaires se sont engagés à protéger l’espèce. Par cet engagement, ils présentent une attention à ce que les travaux de ramonage ou de rénovation des cheminées soient réalisée en dehors de la période de nidification.

Les municipalités peuvent aussi identifier dans leur système informatique les cheminées utilisées par les martinets ramoneurs. Cette initiative leur permet de délivrer des permis de construction ou de rénovation en connaissance de cause. Saint-Charles-sur-Richelieu s’est engagée à le faire.

D’ailleurs, la Municipalité est déjà sensibilisée à la cause. Au moment de restaurer la toiture de l’hôtel de ville, elle a choisi de garder les cheminées, même si elles n’étaient plus utilisées, afin de permettre aux martinets d’y nicher.

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