22 juin 2022
Le Club de golf Belœil protégé de la construction
Par: Denis Bélanger
La mairesse Nadine Viau au Golf Belœil. Photo gracieuseté

La mairesse Nadine Viau au Golf Belœil. Photo gracieuseté

Le Club de golf Belœil sera à l’abri du développement immobilier grâce à l’adoption d’un Règlement de contrôle intérimaire (RCI) par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). La Ville de Belœil a salué cette mesure, mais n’a toutefois pas l’intention à court terme d’acheter le Club. La Ville vise plutôt à aider le club à poursuivre ses activités actuelles de golf.
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Ce RCI impose un moratoire sur tout nouvel usage. Le Club de golf Belœil est l’un de six terrains visés par ce nouveau règlement, les autres étant le Club de golf de Candiac, le Golf municipal de Chambly, le Club de golf de Mascouche, l’ancien golf de Rosemère ainsi que le club de golf Le Boisé à Terrebonne. Ces six terrains totalisent près de 284 hectares.

Selon la mairesse de Belœil, Nadine Viau, cette mesure de la CMM permet à tous de s’acheter du temps et de jeter les bases solides pour agir si le besoin se fait sentir dans les années à venir. « L’objectif n’est donc pas de prendre possession du terrain, mais plutôt que le Club de golf Belœil maintienne ses activités afin de sauvegarder cet espace vert. D’ailleurs, la Ville souhaite collaborer avec le Club de golf Belœil et nous espérons vivement participer aux festivités du centenaire de l’organisation qui auront lieu l’an prochain », ajoute l’élue.

La position de Mme Viau diffère ainsi de celle de sa prédécesseure, Diane Lavoie, qui avait publiquement affirmé son souhait d’acheter le terrain après avoir renoncé à modifier le zonage pour permettre le développement sur une partie du Golf.

Dans le cadre de cette nouvelle réglementation, la CMM demande aussi au gouvernement du Québec une aide de 100 M$ qui servirait à mettre en place un nouvel axe du programme de financement de la Trame verte et bleue. « C’est important de pouvoir donner des outils aux municipalités. À titre d’exemple, si nous avions voulu acquérir la partie convoitée pour le développement [avorté], nous n’aurions pas eu accès à ces montants-là », poursuit Nadine Viau.

L’administration du Club de golf Belœil s’est faite avare de commentaires, préférant d’abord analyser soigneusement le RCI. « Le conseil d’administration est d’avis qu’il serait trop tôt pour le Club de golf Belœil d’émettre une opinion alors que nous n’avons pas le document de RCI en main et n’avons donc pas eu le temps de prendre connaissance de son contenu en entier », a déclaré la présidente du Club, Claire Lamarche. Rappelons que, jusqu’à maintenant, le Club a toujours déclaré que le Golf n’était pas à vendre.

En réaction à l’urgence climatique

L’adoption du RCI s’inscrit dans le contexte d’urgence climatique. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), un avenir viable n’est possible qu’en préservant de 30 % à 50 % des territoires terrestres, aquatiques et maritimes d’ici 2030.

Le RCI entrera officiellement en vigueur lors de son approbation par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation. D’autres secteurs présentant un potentiel de reconversion en espace vert ou en milieu naturel s’ajouteront au RCI dans une deuxième phase, incluant d’autres terrains de golf. Des études seront réalisées par la CMM, en collaboration avec les municipalités, afin d’accroître davantage la superficie d’espaces verts dans le Grand Montréal dans le cadre de l’exercice de révision du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD).

Pour sa part, la Coalition Terrains de golf en transition (CTGT) accueille favorablement le geste de la CMM. Cette coalition avait initié plus tôt ce printemps une pétition sur le site de l’Assemblée nationale pour réclamer l’adoption de mesures facilitant la transformation d’anciens terrains de golf en parcs, au lieu d’y faire du développement immobilier. « L’importance de préserver les derniers milieux naturels et espaces verts du Grand Montréal pour la santé publique et pour répondre à l’urgence de la crise climatique n’a plus à être démontrée, commente la porte-parole Catherine Vallée. Nous souhaitons aussi, comme beaucoup d’élus municipaux, créer des voies de passage pour faciliter l’acquisition et la création de grands parcs urbains et de zones de conservation pour le bénéfice du plus grand nombre. Nous demandons donc au gouvernement du Québec de modifier rapidement la Loi sur l’expropriation et de fournir l’aide financière nécessaire pour l’acquisition et la reconversion de ces milieux. »

Un premier RCI adopté

Il s’agit du deuxième RCI à être adopté en quelques mois par la CMM. L’organisme avait adopté un premier RCI à la fin avril pour protéger de nouveaux milieux naturels de la construction résidentielle, dont 150 hectares spécifiquement à Mont-Saint-Hilaire. Ce règlement vient d’être approuvé par le gouvernement du Québec.

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