3 août 2022
Gratuité du transport collectif à Belœil
Le dernier mot revient à McMasterville
Par: Olivier Dénommée
Le service exo à la demande, qui couvre le territoire de Belœil et de McMasterville, fait en sorte qu’une municipalité ne peut pas offrir la gratuité si l’autre n’adhère pas aussi au projet. Photothèque | L’Œil Régional ©

Le service exo à la demande, qui couvre le territoire de Belœil et de McMasterville, fait en sorte qu’une municipalité ne peut pas offrir la gratuité si l’autre n’adhère pas aussi au projet. Photothèque | L’Œil Régional ©

Engagement formulé par plusieurs partis pendant les dernières élections municipales, la gratuité du transport en commun sur le territoire de Belœil a été promise par le nouveau conseil dès la présentation du budget 2022, en décembre dernier. L’annonce à la fin juin affirmant que la gratuité deviendrait enfin réalité le 1er septembre prochain semblait donc aller de soi, jusqu’à ce qu’on réalise que le projet ne peut pas aller de l’avant sans McMasterville, qui n’a toujours pas pris position sur la question.
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Le communiqué annonçant la gratuité ne laissait pourtant entrevoir aucun écueil. « La Ville de Belœil […] a récemment conclu une entente avec l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), lui permettant d’offrir la gratuité des lignes locales de transport collectif sur l’ensemble du territoire de la ville, pour tous les citoyens, et ce, dès le 1er septembre 2022. […] La mise en œuvre de cette gratuité se fera selon une approche “porte ouverte”, c’est-à-dire des montées à bord des autobus sans titre de transport ni preuve de résidence. » En séance du conseil, la mairesse Nadine Viau affirmait d’ailleurs que la « zone locale » incluait McMasterville et réaffirmait le désir de la Ville d’éventuellement étendre la gratuité aux étudiants qui doivent se déplacer « hors frontières » pour leurs études.

Rappelons que c’est l’organisme exo qui dessert la région et qu’un projet pilote, en place depuis mai 2021, offre un service de bus sur réservation pour les territoires de Belœil et de McMasterville.

En parlant au maire de McMasterville, Martin Dulac, L’ŒIL a appris que non seulement la Municipalité n’avait pas encore signé l’entente avec l’ARTM pour la gratuité, mais elle n’avait pas encore décidé si elle souhaitait y adhérer. « C’est un projet qu’on est toujours en train d’étudier. Rappelons que l’on ne parle pas vraiment de gratuité, mais plutôt d’un transfert des coûts des utilisateurs à l’ensemble de la population », affirme le maire. Il reconnaît que l’annonce de Belœil a « pris de court » McMasterville, alors que les analyses n’étaient pas encore terminées au moment d’écrire ces lignes. « On espère être en mesure de statuer sur la question d’ici notre prochaine séance du conseil, le 22 août. »

M. Dulac assure que son désir n’est pas de « freiner Belœil », mais commente que certains irritants doivent encore être négociés, comme le calcul de la quote-part, avant que la Municipalité y trouve son compte. Du côté de Belœil, on a déjà chiffré à 95 623 $ le coût annuel pour la Ville pour offrir la gratuité aux usagers d’exo à la demande.

Suite incertaine

Advenant un refus de McMasterville de signer l’entente, tout semble indiquer que la gratuité du côté de Belœil tombera tout simplement à l’eau. « Les conditions nécessaires à l’activation de la mesure tarifaire convenue reposent sur l’engagement de l’ensemble des parties impliquées, donc des deux municipalités », a commenté Simon Charbonneau, conseiller principal, Affaires publiques et relations média à l’ARTM, ajoutant que les discussions se poursuivent entre les différentes parties. « Nous ne commenterons pas davantage la nature des discussions. »

Et même si McMasterville adhère à la gratuité du service local, la date du 1er septembre est-elle toujours réaliste pour la mise en place de la gratuité? « Logistiquement, il faudra voir si c’est encore possible pour cette date », commente Martin Dulac. Il faudra donc attendre la position officielle de la Municipalité pour connaître l’avenir du projet.

Exo à la demande, un an plus tard
Le projet pilote exo à la demande, mis en place pour une année en mai 2021 à Belœil et à McMasterville, avait connu quelques ratés documentés dans les pages de L’Œil Régional cet hiver. Même si l’organisme a toujours assuré avoir reçu une écrasante majorité de bons commentaires des utilisateurs, il a annoncé des améliorations à son service en même temps que le renouvellement du service pour une deuxième année.
Les bonifications incluent un meilleur arrimage du service d’autobus avec les horaires des trains à la gare de McMasterville et l’ajout d’une ligne téléphonique prioritaire pour les réservations de déplacements. Quelques mois après l’implantation de ces améliorations, exo n’avait pas encore fait de nouveau décompte ni de suivi de ses sondages pour voir si les améliorations avaient eu un impact sur le nombre d’utilisateurs et leur satisfaction générale face au service. « On va être en mesure de le faire prochainement », indique toutefois le porte-parole d’exo, Jean-Maxime St-Hilaire, ajoutant du même souffle que d’autres améliorations seront annoncées ce mois-ci, toujours pour améliorer l’expérience des utilisateurs d’exo à la demande.

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