20 janvier 2022
Le Gouvernail, un nouveau programme pour guider les adolescents vers le bon chemin
Par: Denis Bélanger

Maryse Pépin

L’intervenante spécialisée et coach familial de Saint-Basile-le-Grand Maryse Pépin vient de démarrer un programme de suivi intensif auprès des adolescents démontrant des comportements à risque (délinquance, consommation) intitulé Le Gouvernail.

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Mme Pépin, qui opère son entreprise Coaching familial Le Voilier, travaille en intervention depuis de nombreuses années dans divers milieux. Elle a constaté sur le terrain des manques sur le plan de l’offre de services.

« Ce vide de service apparaît principalement quand le jeune se situe entre l’intensité d’intervention que peut apporter le CLSC et celui de la DPJ ou lors de la fin de leurs services avec la famille, avance-t-elle. Il est d’une durée de 12 mois afin de combler entièrement cette lacune. Ce programme offre une approche systémique et relie l’école, la famille, l’intervenant et les ressources communautaires associées et permet donc un suivi personnalisé, professionnel et complet. Nous allons travailler plusieurs aspects comme l’estime de soi et la responsabilisation. »

Le Gouvernail cherche notamment à hausser le niveau d’espoir du jeune et de sa famille. « Le jeune et son milieu doivent croire que des changements sont possibles. Il est certain qu’une implication des parents apporte des changements. Nous tenons aussi à les rencontrer pendant le street time, soit le moment entre la fin de l’école et le retour des parents à la maison. C’est là que les délits vont souvent se faire », note Maryse Pépin.

Le programme est volontaire et à la charge des parents. Plusieurs organismes du territoire, dont les écoles du Centre de services scolaire des Patriotes, peuvent ainsi référer Le Gouvernail aux familles susceptibles d’en bénéficier. Maryse Pépin a aussi comme partenaire dans son programme Chloé Rousseau, qui a notamment complété une formation d’intervenante en délinquance en 2008.

Ce service tombe à point en pleine pandémie qui a amené des mesures sanitaires éprouvantes pour la santé mentale. Mme Pépin espérait d’ailleurs fortement que le gouvernement ne repousse pas le retour en présentiel de l’école qui s’est effectué cette semaine. « Depuis les deux dernières années de pandémie, un très grand nombre de familles et d’adolescents se retrouvent en grande souffrance et n’arrivent pas à accéder à des services rapidement. »

Faite pour aider les autres

À la fin de son secondaire, Maryse Pépin s’est enrôlée dans les Forces canadiennes. « Je suis une fille d’un militaire de 43 ans de carrière dans l’armée. Je n’ai pu terminer mon parcours au Collège militaire vu que je me suis blessée. »

Après l’armée, elle est allée étudier en intervention en délinquance. Pendant ses études, elle a obtenu un emploi dans le milieu carcéral à la prison de Bordeaux. « J’avais étudié pour les relations d’aide. Mais je n’avais pas l’impression d’avoir un rôle aidant. J’ai été ensuite en Centre jeunesse. En raison de mon travail dans le milieu carcéral, j’étais destinée pour les unités où il n’y a pas beaucoup de contact avec les jeunes. »

Mme Pépin a trouvé sa voie dans le milieu scolaire où elle a travaillé avec plusieurs jeunes qui avaient des comportements à risque. Une série de circonstances l’a amenée à suivre une formation à l’école de Coaching familial de Nancy Doyon, puis à fonder son entreprise pour continuer à aider les jeunes.

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