30 novembre 2022
Saint-Antoine-sur-Richelieu
Le sculpteur Yves Bujold donne une seconde vie à un frêne
Par: Olivier Dénommée
Artiste résidant à Saint-Antoine-sur-Richelieu, Yves Bujold était loin de savoir dans quoi il s’embarquait quand il a accepté de relever le défi de transformer un frêne mort situé à la place Dompierre-sur-Mer en œuvre d’art public, mais il a eu beaucoup de plaisir à le faire.Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Artiste résidant à Saint-Antoine-sur-Richelieu, Yves Bujold était loin de savoir dans quoi il s’embarquait quand il a accepté de relever le défi de transformer un frêne mort situé à la place Dompierre-sur-Mer en œuvre d’art public, mais il a eu beaucoup de plaisir à le faire.Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Inaugurée cet automne, la sculpture Frénésie de l’artiste Yves Bujold est difficile à rater pour ceux qui passent à proximité de la place Dompierre-sur-Mer, en plein cœur du village de Saint-Antoine-sur-Richelieu. En entrevue avec L’ŒIL, l’artiste a raconté la démarche qui s’est échelonnée sur deux ans avant d’arriver au résultat final.

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Lui-même résident de Saint-Antoine, Yves Bujold est avant tout un peintre qui a ajouté ces dernières années la sculpture à sa palette. C’est pourquoi la Municipalité a pensé à lui offrir la chance de transformer un arbre mourant en sculpture au début de la pandémie de COVID-19. « Ce projet est arrivé au bon moment pour moi. On m’a demandé si je pouvais faire quelque chose avec ce frêne. Je n’avais jamais fait ça, mais je suis sculpteur, alors j’ai accepté. On parle quand même d’un arbre de 30 pieds de haut! Je ne savais vraiment pas dans quoi je m’embarquais : j’avais prévu de consacrer six mois de travail là-dessus… Ça a finalement pris deux ans! », relate-t-il, tout sourire.

Et Yves Bujold n’a pas fait les choses à moitié : peu importe de quel angle on observe Frénésie, on peut découvrir des dizaines d’éléments sur l’arbre, dont plusieurs clins d’œil à la Municipalité, à ses commerces et à ses activités culturelles. Un œil affûté reconnaîtra notamment les références au restaurant L’Antoinette, à la bibliothèque municipale, au festival Chants de Vielles ou encore à la Maison de la culture Eulalie-Durocher, pour n’en nommer que quelques-uns. Un texte signé d’un autre Antonien, le musicien et poète Nicolas Boulerice, fait également partie de l’œuvre. « Après un an, le texte de Nicolas Boulerice s’est un peu effacé, alors je vais devoir le réécrire par brûlage », note l’artiste.

La création de Frénésie s’est échelonnée sur deux années et l’œuvre a été inaugurée en octobre dernier.
Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Même des sujets moins heureux comme la COVID-19 et l’agrile du frêne ont eu droit à des clins d’œil ludiques, comme des masques de théâtre eux-mêmes affublés de masques chirurgicaux, de même qu’un avis de recherche pour un hors-la-loi appelé Agrile Dalton Dufrêne, recherché « mort ou très mort » et l’ajout d’un bateau au sommet de la sculpture qui fait un parallèle avec le destin du Titanic. « Comme le Titanic qui n’a pas vu l’iceberg, on n’a pas vu la petite créature qui a tué l’arbre ni celle qui a causé la pandémie. »

« Les éléments de la sculpture, j’y suis allé au pif. C’était un exercice amusant, mais très dur, surtout avec la chaleur de l’été », poursuit-il. Quant au titre Frénésie, il s’est imposé tout seul, représentant à la fois le côté très chargé de l’œuvre et le type d’arbre lui servant de canevas.

De belles rencontres
Yves Bujold ne compte plus les heures consacrées à cette œuvre, mais il ne regrette pas son travail qui lui a permis de voir passer beaucoup de gens depuis deux ans. « Pendant que je travaillais, j’ai rencontré pas mal de monde, comme des gens qui passaient et s’arrêtaient pour me jaser. Certains passaient tous les jours, d’autres s’asseyaient et pouvaient me regarder à l’œuvre pendant des heures », raconte l’Antonien. À l’inauguration, devant quelques dizaines de personnes, Yves Bujold a aussi eu droit à quelques éloges de la part de la Municipalité qui n’a pas caché son enthousiasme face à cette œuvre d’art publique bien en évidence au cœur du village.

Maintenant que ce projet d’envergure est terminé, Yves Bujold souhaite retourner en atelier pour créer de nouvelles sculptures… un peu moins imposantes cette fois! « J’ai délaissé mon atelier ces dernières années, mais je veux y retourner et l’ouvrir aux visiteurs pour montrer des œuvres à hauteur d’homme. »

Frénésie se trouve sur la place Dompierre-sur-Mer, juste à côté de la Maison de la culture Eulalie-Dur

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