28 septembre 2022 - 07:00
Le site de l’ancien moulin banal sera reconnu bien patrimonial
Par: Denis Bélanger
Beaucoup d’éléments du site de l’ancien moulin banal et de la résidence Guérin sont visés par le règlement de citation de bien patrimonial.
Photothèque | L’Œil Régional ©

Beaucoup d’éléments du site de l’ancien moulin banal et de la résidence Guérin sont visés par le règlement de citation de bien patrimonial. Photothèque | L’Œil Régional ©

Mont-Saint-Hilaire comptera un cinquième bien patrimonial officiellement reconnu par la Municipalité, soit le site de l’ancien moulin banal et de la résidence Guérin. Une initiative qui découle de la demande du propriétaire des lieux.

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Les élus de Mont-Saint-Hilaire ont adopté lors de la séance du conseil ordinaire du 12 septembre le projet de règlement de citation pour ce site patrimonial. Cette reconnaissance permettra à la Municipalité d’imposer notamment des conditions pour la réalisation de divers travaux sur le bien patrimonial cité. Une séance publique aura lieu devant le conseil local du patrimoine le 11 octobre prochain. Le règlement sera adopté par la suite à une séance du conseil municipal.

Le bâtiment de l’ancien moulin banal a été construit en 1848 sous les ordres de Thomas Edmund Campbell. La propriété a été achetée en 1929 par Thomas Guérin, militaire et politicien montréalais, et le bâtiment est alors devenu une résidence de villégiature. C’est Carroll Guérin, fille de Thomas Guérin, qui est la propriétaire actuelle.

Outre le bâtiment principal, le règlement de citation visera aussi une remise, un pont-terrasse, le garage, le mur d’enceinte, les ouvrages liés aux fonctions d’un moulin, le ruisseau ainsi que l’ermitage. Ce dernier est le plus ancien bâtiment sur le site, ayant été construit entre 1780 et 1785, et avait d’abord servi à la fabrication de farine d’avoine. Sa vocation a changé au fil des siècles. Il a été transformé à un certain moment en bibliothèque puis est devenu dans les années 1970 un lieu de retraite, de méditation et d’approfondissement spirituel.

« C’est un endroit précieux. L’intérieur est magnifique. On y retrouve notamment une fresque gigantesque dans le salon », a souligné Marcel Leboeuf qui est membre élu substitut du conseil local du patrimoine. « Ça va permettre de perpétuer les efforts familiaux effectués depuis des décennies », a ajouté le maire Marc-André Guertin.

C’est Mme Guérin qui a approché il y a quelques années la Ville pour que cette propriété d’exception bénéficie d’une mesure de protection pour sa sauvegarde, advenant un changement de propriétaire. En 2020, la Ville avait alors mandaté une firme de consultation spécialisée en patrimoine pour produire une étude. Cette dernière a confirmé que l’immeuble possède une valeur patrimoniale exceptionnelle qui repose sur ses valeurs historique, ethnologique, architecturale et paysagère.

Les autres biens patrimoniaux officiellement reconnus par la Ville sont les maisons natales de Paul-Émile Borduas et d’Ozias Leduc, l’école Sacré-Cœur et le Domaine Ozias-Leduc. Notons que la municipalité compte aussi quatre sites classés biens patrimoniaux, une distinction à l’échelle provinciale accordée par le ministère de la Culture et des Communications, soit l’église de Saint-Hilaire, le décor peint de cette dernière, le Manoir Rouville-Campbell et la Maison Paul-Émile-Borduas.

Le jeu des comparaisons

Durant la période de questions réservée au public, Huguette St-Germain a demandé au maire Marc-André Guertin s’il avait l’intention de citer d’autres bâtiments patrimoniaux comme Belœil tente de le faire présentement.

« Il y a déjà un inventaire des bâtiments patrimoniaux qui est consigné notamment dans notre politique patrimoniale. Ce ne sont pas tous les bâtiments qui sont cités, car ils n’ont pas tous la même qualité. Il y aura éventuellement des programmes d’aide pour les propriétaires de ces bâtisses, car c’est une responsabilité collective. Nous souhaitons que les bâtiments d’intérêt patrimonial soient vivants et habités. Il y aura d’autres actions qui seront proposées dans les mois à venir. »

M. Guertin aussi avancé qu’il ne voyait pas la nécessité de comparer. « Je ne sais pas si la comparaison est nécessaire. Belœil n’a pas choisi la même avenue que nous. Pour le moulin banal, nous avons une citation à description exhaustive et non sommaire. Ça va nous permettre de suivre le bâtiment dans le temps et servira de référence quand il y aura des demandes d’améliorations. »

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