13 octobre 2021
Les arts sont-ils perçus comme une dépense ou un investissement?
Par: L'Oeil Régional
Nicolas Boulerice.Photo Tzara Maud

Nicolas Boulerice.Photo Tzara Maud

Je suis musicien et poète. Avec mon groupe, Le Vent du Nord, nous avons produit onze albums et parcouru la planète depuis maintenant vingt ans. Ces quelque 2000 concerts dans une vingtaine de pays m’ont permis de réaliser à quel point le Québec possède une identité forte, unique et riche qui attire les jeunes et les moins jeunes du monde entier.

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C’est aussi chez nous, il y a 18 ans, que j’ai participé à la fondation du festival Chants de Vielles à Saint-Antoine, dans la Vallée-du-Richelieu, un grand événement de musique traditionnelle. Ainsi, chaque mois de juillet, nous provoquons dans notre village la rencontre de musiciens et de festivaliers qui arrivent de partout pour partager leur amour de la musique, de la danse et de la vie. Ils découvrent notre coin de pays et ils en parlent ensuite, partout où ils vont. Nombreux sont ceux qui reviennent maintenant de façon récurrente au festival ou bien même simplement pour profiter de cette région qu’ils ont eu le bonheur de découvrir.

Pourtant, même en considérant l’extraordinaire potentiel d’exportation et l’attractivité de cet événement, malgré le rayonnement qu’il favorise et la fierté qu’il suscite, nous peinons à trouver du financement. Chaque année, le casse-tête recommence et nous travaillons d’arrache-pied uniquement pour assurer notre survie. Voilà pourquoi je me demande au nom de tous les artistes et citoyens, en cette période de campagne électorale, si les arts sont considérés comme une dépense ou comme un investissement. Personnellement, il me paraît évident que tout l’argent consacré à la culture rapporte au centuple, et à tous points de vue, aussi bien sur le plan de la santé économique que de la santé mentale.

Nicolas Boulerice, musicien et poète
Saint-Antoine-sur-Richelieu

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