18 janvier 2023
Mont-Saint-Hilaire
Les changements aux périodes de questions attaqués de toutes parts
Par: Denis Bélanger
Le maire Marc-André Guertin.

Le maire Marc-André Guertin.

Les récentes modifications apportées par les élus de Mont-Saint-Hilaire au fonctionnement des périodes de questions du public ont été critiquées par plusieurs citoyens lors de la séance ordinaire du conseil municipal du lundi 9 janvier.

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Adopté le même jour, et en vigueur dès les prochaines séances, le règlement de régie interne modifié abolira les questions posées directement en ligne durant une assemblée publique. Les citoyens pourront envoyer des questions par courriel au plus tard à 16 h le jour d’un conseil municipal. L’autre principal changement est le temps accordé par intervention qui passe de 5 à 4 minutes dans le but de permettre à plus de personnes de prendre la parole. Il y a d’ailleurs une minuterie et une alerte sonore pour indiquer au citoyen que son temps de parole est écoulé.

L’ancienne candidate à la mairie et cheffe de Mouvement citoyen, Carole Blouin, a dénoncé le fait que les modifications aient été présentées et adoptées en première lecture lors d’une séance extraordinaire le 15 décembre, soit trois jours après le dépôt du budget. « Ça n’a pas été annoncé pendant le budget. Plusieurs personnes ne l’ont pas su, car il n’y avait aucun citoyen dans la salle, ce que je trouve malheureux. En plus, je tiens à mentionner que l’ordre du jour (de ce soir) n’était pas encore disponible vers 14 h alors que les gens devront envoyer leurs questions au plus tard à 16 h. »

Le maire Marc-André Guertin a répondu que l’adoption de ce règlement pour 2023 était un engagement de sa part et a ainsi voulu le respecter. « La séance du 15 décembre avait pour but d’adopter des points en lien avec le budget, comme c’est le cas chaque année. Ce n’était pas exclusivement pour modifier le règlement de la régie interne », a renchéri de son côté le conseiller Gaston Meilleur.

Un exercice rigoureux

D’autres citoyens ont également dénoncé les changements aux périodes de questions. Un d’entre eux a avancé que le règlement avait été adopté dans le dos des citoyens. Une autre a demandé à ce que les élus retirent l’adoption formelle des modifications de l’ordre du jour. Quelques autres citoyens se sont présentés dans la salle avec un masque étiqueté d’un x, une invitation lancée en ligne par Marc Des Près, pour simuler un genre de bâillon.

Le conseiller Claude Rainville a tenu à indiquer que le processus de refonte a été fait de façon rigoureuse. « Il y a eu l’an dernier 353 interventions et 490 questions ou sujets abordés. On ne pense pas qu’il y en aura moins cette année. Si jamais il y a des choses qui ne marchent pas, on pourra le modifier en cours de route. »

Un autre Hilairemontais, André Roy, a même salué la décision des élus. « J’ai assisté ou regardé plusieurs séances. Je trouve déplorables certains commentaires. De plus, les échanges et les interventions sont souvent longs et interminables. Il est important de prendre en considération les avis de tous, mais les citoyens doivent prendre acte des décisions du conseil. »

Des comparaisons boiteuses

Claude Rainville a aussi déploré le fait que Mont-Saint-Hilaire ait été comparé sur les médias sociaux à la Corée du Nord, aux talibans et à Vladimir Poutine. « Parfois, ça dérape. »

De plus, une citoyenne arrivée au Canada il y a quelques années dans le cadre d’un programme humanitaire a pour sa part jugé inacceptable que sa nouvelle ville d’adoption soit comparée aux cruautés et atrocités vécues par les femmes dans son pays d’origine. Elle a avancé que c’était des membres de l’Association des citoyens de Mont-Saint-Hilaire (ACMSH) qui ont tenu ces propos. Joint par la suite par le journal, le président de l’ACMSH, Pierre Nault, affirme qu’aucune comparaison entre la Ville et un pays totalitaire n’a été faite explicitement et qu’il s’agit plutôt de l’interprétation personnelle de la citoyenne.

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