La microbrasserie a aussi fermé son usine de production et salon de dégustation qu’elle opérait sur le boulevard Lionel-Boulet à Varennes. Les propriétaires des Brasseurs du Moulin ont indiqué sur les médias sociaux qu’ils ont été incapables de reconduire leur bail commercial, sans toutefois donner de détails plus précis. « Ceci signifie que nous ne pouvons plus respecter nos engagements financiers et devons fermer nos portes », peut-on lire sur la publication.
L’Œil Régional a tenté de contacter David Lamoureux, un des fondateurs de la brasserie, mais ce dernier n’a pas répondu aux demandes du journaliste.
De son côté, le propriétaire du bâtiment qui abritait la brasserie, Gestion A. Godin, a déclaré à L’ŒIL que ce n’est pas dans leur intérêt de mettre fin à un bail, à moins qu’il y ait des enjeux problématiques.
« Nous sommes bien déçus de les voir nous quitter et les remercions chaleureusement pour les dix dernières années passées au Vieux-Moulin. Nous avons toujours encouragé l’entrepreneuriat local et nous sommes souvent les premiers à aider les démarrages d’entreprise, comme ce fut le cas avec eux. C’est donc toujours triste de voir une entreprise fermer ses portes », déclare la vice-présidente Mélanie Godin.
Les lieux occupés par les Brasseurs du Moulin représentent le tiers de l’immeuble du Vieux-Moulin. Les pertes sont donc importantes pour Gestion A. Godin. « C’est sans compter la remise en état des lieux de la salle de brassage qui devra être démontée. Cela dit, nous avons l’espoir de pouvoir trouver un nouveau locataire au cours des prochains mois pour occuper ces lieux exceptionnels dans le Vieux-Belœil afin que les citoyens puissent continuer à en profiter », renchérit Mme Godin.
Outre les usages reliés à une microbrasserie avec un menu complet, le règlement de zonage du secteur permet aussi le commerce de détail, les services professionnels, une auberge ou un gîte touristique, un bar laitier ainsi que des usages liés aux activités nautiques.
Une triste nouvelle
La présidente et directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie Vallée-du-Richelieu – Rouville (CCIVRR), Julie La Rochelle, s’est dite triste d’apprendre cette fermeture. « Cette annonce des Brasseurs du Moulin nous touche tout comme la population et la communauté d’affaires. Chaque fois que nous apprenons une fermeture d’une entreprise, ça nous rappelle l’importance d’encourager les commerces locaux. Nous saluons sincèrement le travail remarquable et le dévouement des propriétaires, qui ont su mettre en lumière leur savoir-faire et contribuer au rayonnement de notre région. »
La mairesse de Belœil, Nadine Viau, partage le même sentiment. Pour assurer la pérennité commerciale de son territoire, Mme Viau promet la mise en place d’un programme de soutien commercial. « La Ville souhaite s’allier d’une ressource qui pourra s’assurer de voir venir les mouvements dans nos entreprises et s’assurer d’être proactive pour soutenir la diversité commerciale, industrielle et touristique sur notre territoire en développement. Belœil demeure un espace attractif et dynamique. Nous devons préserver ce dynamisme connu et perpétuer l’attrait du Vieux-Belœil. »
Pour sa part, la directrice générale de l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ), Marie-Ève Myrand, reconnaît que les dernières années ont été difficiles pour le secteur brassicole. « Il y a eu la pandémie, mais là avec l’inflation, les coûts de production augmentent. Les consommateurs sont aussi touchés par cette turbulence, alors qu’ils doivent payer plus cher partout et ainsi moins fréquenter les microbrasseries. En plus, la compétition est féroce. »
Selon les données recensées par l’AMBQ, en date de janvier, on retrouvait au Québec 93 permis d’artisans brasseurs et 230 permis pour la fabrication industrielle.
Près d’une décennie
David Lamoureux et Pascal Dupont-Dorais ont ouvert les Brasseurs du Moulin en juin 2015 avec l’aide d’autres associés. Le projet d’une microbrasserie mijotait dans leur esprit depuis cinq ans déjà. Question de se lancer cœur et âme dans la création de l’entreprise, M. Lamoureux avait même quitté son emploi à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Le projet totalisait un investissement de 300 000 $ à 350 000 $ et la Ville de Belœil avait dû modifier le zonage pour permettre la réalisation du projet. Quelques années plus tard, les Brasseurs du Moulin ont commencé à produire leur bière dans une usine de Varennes à l’hiver 2023.