23 mars 2022
École secondaire Ozias-Leduc
Les parents veulent un uniforme, mais pas les élèves
Par: Denis Bélanger

Sur 409 élèves participants au sondage, 306 (74,8 %) se disaient en désaccord avec l’uniforme, 70 enaccord (17,1 %) et 33 (8,15 %) n’avaient aucun avis. Photothèque | L’OEil Régional ©

Les résultats du sondage sur le port de l’uniforme à l’école secondaire Ozias-Leduc de Mont-Saint-Hilaire sont maintenant connus. La majorité des élèves s’opposent et, dans une plus faible proportion, la majorité des parents sont en faveur. Le conseil d’établissement n’a pas encore pris sa décision. Des précisions sur ce dossier devraient venir en avril.

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« Le conseil se réunira sous peu pour une séance de travail qui mènera à des recommandations à adopter à la prochaine séance du conseil qui sera à la mi-avril, selon le déroulement des travaux », rapporte la directrice de l’école, Louise Létourneau.

Sur 409 élèves participants au sondage, 306 (74,8 %) se disaient en désaccord avec l’uniforme, 70 en accord (17,1 %) et 33 (8,15 %) n’avaient aucun avis. Et sur 1929 parents, 1076 d’entre eux (55,8 %) étaient favorables, 762 (39,5 %) défavorables et 91 (4,7 %) sans avis.

Cent membres du personnel ont aussi rempli ce sondage en ligne réalisé en février dernier. Près du trois quarts d’entre eux appuient l’uniforme, près du quart rejettent l’idée et six d’entre eux n’ont pas pris position. Cela signifie que, ultimement, un plus grand nombre de personnes cautionne l’obligation de porter un uniforme.

Le sondage comportait aussi une question sur le type d’uniforme à porter. L’option d’un demi-uniforme, ne comportant que le haut, a été la réponse la plus populaire chez les parents (48,2 %), les élèves (51,8 %) et le personnel (64 %).

Rappelons qu’un des motifs évoqués pour la mise en place d’un uniforme est le renforcement de la sécurité des élèves. Au cours des dernières années, la direction affirme avoir constaté la présence sur le terrain de plusieurs jeunes ne fréquentant pas l’école. Certains de ces visiteurs seraient entrés dans l’établissement d’enseignement. L’imposition d’un uniforme devrait permettre au personnel de mieux identifier les intrus. De plus, le personnel de l’école dit avoir dû multiplier les interventions auprès des élèves en raison de styles vestimentaires ne correspondant pas « aux valeurs éducatives » ainsi que du laisser-aller du respect du code vestimentaire de l’école.

Pas dans les plans

Actuellement, cinq écoles du territoire du Centre de services scolaire des Patriotes imposent un uniforme, mais deux seulement obligent l’uniforme complet. Le port de l’uniforme n’est toutefois pas exigé à l’école Polybel de Belœil et à l’École d’éducation internationale (EEI) de McMasterville. L’idée ne figure pas dans les plans à court terme de ces deux établissements.

« Nous n’avons pas l’intention d’imposer un uniforme à nos élèves l’an prochain », assure la directrice de Polybel, Annie Larouche. « Nous avons un code vestimentaire qui est bien respecté. Nous n’avons pas besoin de mettre de l’énergie sur un uniforme », rapporte pour sa part la directrice de l’EEI, Nancy Sirois.

Une valeur plutôt qu’une solution

Seul le Collège Saint-Hilaire oblige le port de l’uniforme dans la région. Il s’agit d’un uniforme complet avec le choix d’une jupe ou d’un pantalon pour tous les élèves, peu importe leur genre. Le directeur général de l’école privée, Jean-François Guay, fait remarquer que le concept de l’uniforme est souvent amené pour régler une problématique. « Dans le cas de plusieurs établissements, l’uniforme est fait pour véhiculer des valeurs. Les équipes sportives ont des uniformes, et ces derniers représentent des valeurs précises. On mise alors avec l’uniforme sur le développement intégral du jeune. »

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