22 juin 2022
Bilan annuel en Montérégie
Les signalements à la DPJ en forte hausse, les cas pris en charge en baisse
Par: Denis Bélanger
La directrice de la protection de la jeunesse de la Montérégie, Marie-Josée Audette. Photo gracieuseté

La directrice de la protection de la jeunesse de la Montérégie, Marie-Josée Audette. Photo gracieuseté

La préoccupation du sort et du bien-être des enfants gagne du terrain selon le dernier bilan de la Direction de la protection de la jeunesse de la Montérégie. Un total de 20 837 signalements a été traité entre le 1er avril 2021 et le 31 mars 2022, soit 3000 de plus que l’année précédente. Le nombre de signalements retenus a toutefois diminué, et ce, pour une troisième année consécutive.

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La tendance du nombre de signalements est à la hausse depuis quelques années en Montérégie. Les signalements traités ont fait un bond vertigineux il y a deux ans à la suite du décès tragique de la fillette de Granby au printemps de 2019, passant de 14 979 situations d’enfants signalées en 2018-2019 à 18 033 en 2019-2020. Cette statistique a baissé légèrement à 17 837 en 2020-2021. Notons que durant cette première année de pandémie, les écoles et les garderies ont été fermées pendant plusieurs semaines au printemps et qu’un tiers des signalements proviennent en général des organismes publics.

« La pandémie a été difficile et a eu des impacts sur la santé mentale. Les enfants ont vécu des événements traumatisants. Il y a une augmentation de besoins pour des jeunes vivant une problématique », commente Marie-Josée Audette, directrice de la protection de la jeunesse de la Montérégie.

Des chiffres à la baisse

Le nombre de signalements retenus est de 5435, soit une baisse de 415 par rapport à l’année précédente. Le taux de rétention des signalements est ainsi de 26,1 %. L’an dernier, il était de 32,8 %, alors qu’il était de 33,4 % en 2019-2020 et de 40,8 % en 2018-2019.

Le principal milieu de vie des enfants pris en charge par la DPJ est toujours le milieu familial (47 %). Une proportion de 15 % des enfants est confiée à une personne significative. De plus, dans près de la moitié des situations, les enfants placés en famille d’accueil le sont auprès d’une personne qui leur était déjà connue.

« Le bilan de cette année nous amène à poser un regard au-delà des chiffres, des pourcentages et des statistiques. Ce bilan tourne le projecteur sur tous les enfants qui, chaque jour, font entendre, à leur façon, leur voix. Cette voix, nous l’entendons et nous l’écoutons depuis des années sur le terrain. Aujourd’hui, nous la portons aux oreilles de tous avec bienveillance et espoir que chacun d’entre nous se sente concerné par le quotidien et l’avenir de ces enfants. Que ce soit par de l’écoute, de l’encouragement, du soutien, pour leur partager des ressources d’aide ou pour donner un coup de main. Nous sommes tous des acteurs du changement pour ces enfants, mais, pour cela, il faut tendre l’oreille », ajoute Marie-Josée Audette.

Un autre enjeu pour la DPJ de la Montérégie est la pénurie de personnel qui a pour effet d’avoir une liste d’attente de traitement de dossier de 647 cas. Mme Audette s’est toutefois réjouie du programme de recrutement massif auprès des étudiants.

Données locales

Plus près d’ici, pour le Réseau local de la santé (RLS) Richelieu-Yamaska, le nombre de signalements traités a augmenté de près de 500, passant de 2548 en 2020-2021 à 3026 en 2021-2022. Le nombre de signalements retenus pour le dernier exercice se situe à 782, soit 52 de moins que l’année précédente. Les problématiques les plus fréquentes dans les signalements retenus sont la négligence avec 290 cas, le mauvais traitement psychologique avec 164 et les abus physiques avec 92.

C’est le RLS Pierre-Boucher (Longueuil) qui compte le plus de signalements traités avec 3739 ainsi que le plus de cas retenus avec 998. Le RSL Richelieu-Yamaska arrive au quatrième échelon dans les deux statistiques pour la Montérégie.

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