19 janvier 2022
Lettre ouverte à Jean-François Roberge
Par: L'Oeil Régional

Dans votre conférence de presse du 5 janvier, vous aviez posé certaines conditions pour cette reprise des cours en personne : la livraison de 3,6 millions de tests rapides en janvier et 3,6 millions en février, ajouter le personnel scolaire inscrit dès le 15 janvier sur la liste des gens ayant accès aux tests PCR et le port du masque dans les autobus et écoles.

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Cela soulève quelques interrogations. Par exemple, pourquoi, quand on savait qu’Omicron arrivait, ne pas avoir imposé ces mesures plus tôt, au lieu d’abandonner les masques et avoir tergiversé pendant plus d’un an à utiliser les tests PCR inutilisés?

Pourquoi cette obstination à diaboliser le N95? Il est pourtant recommandé par tous les spécialistes indépendants (et par votre propre gouvernement auprès du personnel hospitalier en zone rouge).

Et aucune mention de l’éléphant dans la pièce : la ventilation dans les classes. Cela fait pourtant un an et demi qu’on réclame que les classes soient dotées de purificateurs d’air. Pendant ce temps, l’Ontario a déjà installé 70 000 purificateurs d’air et a eu quatre fois moins de cas dans les écoles. Le Québec en avant de la parade?

Et qu’arrive-t-il avec les détecteurs de CO2, promis dans toutes les classes à la rentrée, puis pendant l’automne, et finalement en décembre dernier, et qui sont largement absents encore?
On comprend que cette aération aurait été vitale à l’automne dernier pour atténuer le désastre de la cinquième vague. Comme elle est vitale pour une rentrée réussie. Mais cela implique que quelqu’un dans votre gouvernement admette enfin ce qui est connu partout dans le monde, et même au Québec dans la cellule de crise du gouvernement : la transmission se fait principalement par aérosols!

Il serait aussi apprécié que vous utilisiez votre statut de ministre chouchou auprès du premier ministre du Québec pour faire valoir quelques principes de bon sens.
En particulier, arrêter de lever les restrictions, juste avant les grandes fêtes (Noël, Pâques), sachant que ces périodes sont idéales pour une transmission interrégionale et à grande échelle. Ces levées de restrictions provoquent chaque fois une recrudescence des cas qui obligent à des restrictions plus sévères qu’avant.

C’est ce qui s’est produit avant les fêtes quand votre gouvernement a permis dès novembre la reprise des karaokés, comme aux bars et aux restos de passer de 50 % de capacité à 100 %. Alors même qu’on savait qu’Omicron arrivait.

Et on sait que quand une vague frappe l’Europe, elle frappe ici aussi environ un mois plus tard. Surtout quand cette vague frappe les États-Unis et l’Ontario, juste avant nous. On a la chance de voir venir les vagues avant tout le monde. Il faudrait qu’on arrête d’être pris par surprise.
Si vous faisiez votre travail de ministre de l’Éducation avec un peu plus de fermeté envers votre patron, cela vous permettrait de nous appuyer dans notre lutte collective contre la COVID-19 avec beaucoup plus d’effet que nous.

Pierre Lagassé
Saint-Basile-le-Grand

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