14 octobre 2024 - 05:00
Moins calme
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Un aura de zénitude se dégage du maire de Mont-Saint-Hilaire, Marc-André Guertin. Intello, écolo (ses mots!), adepte de méditation et de vélo, le maire semble affronter les critiques et les revers avec un certain calme, une certaine sagesse.

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Sauf lorsqu’on parle du train de banlieue, qu’on menace de couper, comme le rapportait L’ŒIL en septembre dernier. Ça le met… en tabar**k (son mot!). Ça et les critiques acerbes contre l’acquisition du Manoir Rouville-Campbell. Pas qu’il refuse les doutes ou les remises en question sur le don (déductible d’impôt) de 31 millions de dollars fait par la famille Imbault. Mais il s’insurge contre la minorité d’opposants (encore ses mots) belliqueux qui, de toute façon, sont toujours en opposition sur tout.

Ces voix discordantes se sont encore fait entendre dans les derniers jours puisque le Manoir a encore défrayé les manchettes, notamment entre les pages du Journal de Montréal, qui s’est intéressé aux raisons qui ont empêché les deux soumissionnaires d’obtenir le contrat de gestion du bâtiment. D’ailleurs, il semble que le Journal ait tourné un peu les coins ronds et le maire et la Ville ont tenu à rectifier quelques faits, surtout concernant les raisons qui ont poussé la Ville à ne pas retenir les services du groupe Bonne Entente en raison d’un potentiel conflit d’intérêts. Mon collègue Denis Bélanger rapporte ces détails dans son article en page 6.

Soulignons que mon collègue et moi avons eu l’occasion de nous asseoir avec M. Guertin pendant plus de deux heures dans le cadre d’une entrevue de type bilan/éditorial. Le Manoir n’a été que l’un des nombreux sujets abordés qui feront l’objet de textes à venir.

Le maire ne semble pas comprendre cet acharnement et cette politisation du dossier. Bien sûr, tout ne va pas aussi vite que prévu avec le Manoir et nous aimerions connaître ce qui arrivera de ce bijou patrimonial. Le maire le premier. Mais malgré les délais à trouver un gestionnaire (ou même une autre option, tout est « sur la table » concernant l’avenir du Manoir, confirme l’élu), rien ne presse réellement, assure M. Guertin. « Oui, les gens veulent que ça se fixe, moi le premier. [Mais l’entretien] du Manoir coûte environ le prix d’un trio Big Mac par année à chaque Hilairemontais; les gens comprennent qu’on a plus entre nos mains que ce que ça nous coûte. Il est en très bon état et la Ville innove, l’histoire n’est pas finie. La Ville ne va pas opérer un hôtel, mais on veut qu’elle ait son mot à dire pour la trajectoire que ce bien patrimonial va prendre. Quelques dizaines de milliers de dollars par année pour l’entretien, ce n’est pas la fin du monde », dit-il en entrevue, reconnaissant que la Ville ne perçoit pas de revenus de taxes en attendant.

Un peu de patience, donc. Et de la vision, ajouterait le maire. « Si on me permet de rêver, j’aimerais un bon opérateur, qui donne un supplément d’âme au Manoir, avec une bonne table, qui nous permette de tenir des événements collectifs, quelqu’un qui paye ses taxes, un citoyen corporatif responsable […] » Faire du Manoir un exemple de « gestion du patrimoine au Québec, un patrimoine classé », bien entretenu. Un peu comme Mont-Saint-Hilaire est « un exemple de préservation dans son patrimoine naturel », affirme-t-il.

Je crois que les Hilairemontais peuvent patienter un peu.

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