15 mars 2023
Nouvelle politique
Par: L'Oeil Régional
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Je n’ai pas réagi dans cette chronique lors de la Journée internationale du droit des femmes parce que, franchement, je n’avais pas grand-chose de très brillant à ajouter à l’occasion. Et parfois, la meilleure chose que peut faire un homme en cette journée, c’est de ne pas trop parler et d’écouter.

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Une semaine plus tard, permettez-moi d’y revenir un peu.

Le mercredi 8 mars, j’ai assisté au panel des mairesses, un dîner-conférence organisé par la Chambre de commerce et d’industrie Vallée-du-Richelieu. Les mairesses Alexandra Dubé (Chambly), Nadine Viau (Belœil), Mélanie Villeneuve (Otterburn Park), Marilyn Nadeau (Saint-Jean-Baptiste) et Julie Lussier (Saint-Charles-sur-Richelieu) ont pris la parole pour discuter de la réalité de leur ville et des projets à venir, mais aussi pour parler de la nouvelle façon de faire de la politique et la présence des femmes sur les conseils municipaux.

Sans résumer la conférence qui a abordé de nombreux sujets, je veux toutefois retenir deux points. D’abord, sur la place des femmes en politique. Mme Nadeau, la doyenne du panel, s’est remémoré les années du « boys club », où la politique était une affaire d’hommes. Mairesse depuis maintenant dix ans et actuelle préfète de la MRC de La Vallée-du-Richelieu, elle souligne que son prédécesseur est venu la recruter pour justement « avoir une femme au conseil ». Mais aujourd’hui, son conseil municipal est majoritairement féminin. Qu’est-ce que ça a changé? Probablement un leadership un peu moins de type « poing sur la table », dit-elle. Le conseil municipal devient un lieu de discussions et d’échanges.

La présence de plusieurs mairesses dans la région a aussi un impact sur la composition de la MRC de La Vallée-du-Richelieu, cette instance municipale où les maires et mairesses de la région se réunissent pour décider les affaires régionales. « À la MRC, on travaille ensemble, autant les maires que les mairesses. On se rallie, on avance. Il n’y avait pas cette volonté de coopération avant à la MRC », explique Julie Lussier, qui avait déjà siégé au conseil.

« Nous sommes à l’aise pour poser des questions pour apprendre notre métier, ajoute Mélanie Villeneuve. Cette dynamique a sûrement aidé les nouveaux à être confortables. »

Les cinq femmes, toutes de jeunes politiciennes loin du typique maire « homme à la retraite » d’antan, avaient aussi de bons mots pour leurs collègues masculins. Au-delà de la présence de femmes chez les élus, elles reconnaissent une nouvelle vague de politiciens et politiciennes plus intéressés par leur communauté, porteurs de nouvelles idées et dotés d’un esprit de collaboration. Ces nouveaux élus ont sonné le glas des vieilles guerres de clocher. C’est rafraîchissant de les entendre.

Deuxième point. Pour les hommes, la Journée des droits des femmes peut être source de confusion et de malaise. Même si je me considère un allié de la cause féministe, j’hésite de me prononcer par peur d’un faux pas. Mais j’ai aimé que ces politiciennes saluent leurs collègues hommes, reconnaissant que si elles peuvent faire de la politique, c’est parfois aussi parce que le papa reste derrière pour surveiller la marmaille, comme les femmes l’ont trop souvent fait dans le passé. Juste retour du balancier!

Je suis bien à l’aise avec le féminisme militant et de combat, encore nécessaire; mais c’est plaisant pour un gars de savoir qu’il fait partie de la solution.

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