1 novembre 2023 - 07:00
Otterburn Park impose un ultimatum à la Maison des jeunes
Par: Vincent Guilbault
La maison des jeunes se trouve dans un local du Centre Marcel-Lacoste. Photo Vincent Guilbault | L’Œil Régional ©

La maison des jeunes se trouve dans un local du Centre Marcel-Lacoste. Photo Vincent Guilbault | L’Œil Régional ©

Otterburn Park demande à la Maison des jeunes Ott’Ados de procéder à plusieurs changements et de fournir une liste de documents dans les prochains jours, sous peine de retenir le montant annuel de 50 000 $ qu’elle doit lui verser. La Ville accuse la Maison d’un manque d’organisation et de transparence.

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Dans une lettre envoyée par huissier au président de la Maison des jeunes (MDJ), la Ville donne 30 jours au conseil d’administration pour lui fournir une dizaine de documents, dont des preuves d’absence d’empêchements, un code de déontologie signé par tous les administrateurs ainsi que leur adresse, ainsi qu’une panoplie de bilans comme le nombre de jeunes qui fréquentent la Maison, les heures d’ouverture réelles et le nombre d’interventions de la Maison avec des partenaires externes.

La Ville exige aussi de la MDJ de devenir membre du Regroupement des maisons des jeunes du Québec, de solliciter l’aide de plusieurs organismes comme le CISSS et les policiers communautaires, et d’intégrer la Table de concertation jeunesse afin de prouver son sérieux.

Dans une lettre ouverte publiée sur le site internet de la Ville, la mairesse Mélanie Villeneuve rappelle que la Ville et la MDJ ont conclu une entente en octobre 2021 afin que l’organisme « offre à nos jeunes un lieu de rencontre animé, dans un environnement sain, où l’on met à leur disposition les outils nécessaires à leur autonomie et à leur épanouissement. » En contrepartie, la Ville offre une subvention de 50 000 $ annuellement et l’utilisation d’un local au Centre Marcel-Lacoste.

« Malgré des demandes répétées [verbales et écrites], et malgré le [soutien] offert par des organismes de la région pouvant les accompagner à se structurer, aucune amélioration notable dans la reddition de comptes n’a été constatée », poursuit la mairesse. Selon elle, les nombreuses demandes viennent d’aussi loin que depuis janvier 2022.

La mairesse rapporte aussi des inquiétudes dans l’offre de service, soulignant que la Maison est parfois fermée pendant les heures d’ouverture, que des membres du CA interviennent directement auprès des jeunes et qu’il y a un gros roulement au sein du CA.

La mairesse rappelle aussi que les jeunes d’Otterburn Park ont l’occasion d’aller dans les points de service de la Maison des jeunes des Quatre Fenêtres (MDJ4F), à Belœil et Mont-Saint-Hilaire, qui n’est pas affiliée avec le Ott’Ados. Les élus se questionnent si la mission du Ott’Ado offre un dédoublement de service, surtout que l’organisme peine à recruter des membres sur son CA. Peut-être est-il temps de se questionner, de collaborer avec la MDJ4F, d’offrir des services complémentaires aux jeunes, ou d’offir un autre point de service de la MDJ4F sur le territoire d’Otterburn Park, dit-elle.

« Oui, avoir un point de service, une maison des jeunes locale, ça me paraît une bonne chose à la base. Mais après un an et demi, je vois des gens tenir ça à bout de bras, j’essaie d’impliquer d’autres gens à intégrer le CA, mais ça ne fonctionne pas comme il le faudrait. Et je considère que le service est de moins bonne qualité, pas en raison nécessairement des individus de la Maison. »

Une rencontre est prévue avec les représentants de l’organisme et elle a espoir que l’organisme puisse mieux se structurer, mais elle est consciente que cela pourrait sonner la fin de la MDJ.

Peur de fermer

Le président du CA de la Maison des jeunes, Daniel St-Pierre, admet que les bénévoles de la Maison n’ont pas fourni toute la paperasse, mais que certaines choses demandent des délais. Il pense toutefois pouvoir respecter l’ultimatum de 30 jours.

Mais il pense aussi qu’une partie des doléances de la Ville sont dirigées directement vers lui, notamment parce qu’il admet interagir avec des jeunes parfois. « Je vais porter et chercher mes propres jeunes et je m’assure du bon fonctionnement. J’ai mon certificat de Karaté Canada exigé par la fédération mondiale, je suis habilité à travailler avec les jeunes », se défend-il.

Il pense aussi que la Ville préférerait que la Maison ferme pour économiser le montant de 50 000 $ et que les services soient rapatriés à Mont-Saint-Hilaire, malgré les dires de la mairesse. Surtout que si une entente n’est pas conclue rapidement et que le montant de 50 000 $ n’est pas versé dans les deux ou trois prochaines semaines, la MDJ ne pourra plus payer ses employés. « Tout le monde a peur que ça ferme. On travaille fort, mais il y a des inquiétudes. On va faire ce qu’on est capable et tout mettre en œuvre pour répondre à la Ville. »

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