19 janvier 2022
Vitesse sur la rivière
Pas de consensus des quatre villages pour le moment
Par: Vincent Guilbault
Deux des quatre municipalités concernées n’ont pas appuyé la nouvelle version du réglement.Photo gracieuseté

Deux des quatre municipalités concernées n’ont pas appuyé la nouvelle version du réglement.Photo gracieuseté

Après Saint-Charles, c’est maintenant à Saint-Antoine-sur-Richelieu de se positionner en faveur d’une limite de vitesse sur la rivière Richelieu. À quatre contre deux, les conseillers municipaux se sont prononcés mardi dernier en faveur du nouveau projet de règlement de Transports Canada pour limiter la vitesse à 10 km/h sur certains secteurs de la rivière. Toutefois, Saint-Denis-sur-Richelieu a décidé de ne pas tenir de vote sur la question avant d’obtenir un consensus, alors que Saint-Marc s’est opposé au règlement, mais s’est donné le droit de revenir sur sa position en raison de nouvelles données.

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Dans la nouvelle mouture du règlement, présentée en décembre dernier, il est prévu que les plaisanciers puissent circuler à 50 km/h sur la rivière Richelieu, entre les quatre municipalités visées. Toutefois, ils devront limiter leur vitesse à 10 km/h à moins de 50 mètres d’une berge, à 10 km/h près des îles Jeannottes et aux Cerfs (l’habitat naturel du chevalier cuivré, à Saint-Charles-sur-Richelieu) et près des noyaux villageois. Le wakeboard sera permis seulement dans les zones de 50 km/h, mais sera toutefois interdit certaines heures la fin de semaine pour une question de sécurité et de cohabitation avec les amateurs de sports nautiques non motorisés.

Pour que ce règlement entre en vigueur, Transports Canada demandait aux quatre municipalités riveraines, qui avaient initialement demandé une réglementation sur la rivière, d’appuyer cette nouvelle version de règlement. Les élus municipaux étaient appuyés dans cette démarche par le député fédéral de Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères, Xavier Barsalou-Duval. Cette nouvelle version se voulait un compromis qui devait plaire autant aux plaisanciers et aux propriétaires de marina qu’aux organismes en faveur de la protection de la rivière et des berges. Selon les entrevues accordées à L’Œil Régional par plusieurs militants des deux camps, le nouveau règlement ne semblait pas faire l’unanimité dans sa forme finale.

Si Saint-Antoine et Saint-Charles ont appuyé le règlement, Saint-Marc s’est plutôt opposé. En entrevue, son maire François Berthiaume a fait savoir que le règlement proposé ne vient pas régler les problèmes de vagues près des secteurs où l’érosion des berges est criante. Même si les élus ont voté, la Municipalité n’a pas encore fait parvenir de résolution au bureau du député Xavier Barsalou-Duval et attend de voir la suite des choses. Le maire aimerait que les quatre municipalités accouchent d’une troisième version du règlement.

Pas de vote
La Municipalité de Saint-Denis, elle, a tout simplement décidé de ne pas se prononcer, a fait savoir le nouveau maire Jean-Marc Bousquet.
« Le conseil est divisé et le compromis ne plaît à personne, dit M. Bousquet. Une heure avant notre rencontre [du 19 décembre], j’ai donc opté pour enlever le point à l’ordre du jour. Je ne veux pas vivre avec cette division pendant quatre ans. C’est un dossier piégé. »

Le 3 janvier dernier, M. Bousquet a fait savoir au bureau du député Barsalou-Duval que la Municipalité appuierait seulement un règlement qui fait « consensus » et qui serait signé par tous les propriétaires de marina touchés par cette réglementation.

À Saint-Antoine, le nouveau maire Jonathan Chalifoux admet que le dossier divise. Il a tout de même décidé de tenir le vote pour passer à autre chose. « À mon niveau, on nous a demandé de nous positionner et c’est fait. Notre rôle est fini dans ce dossier. Si le dossier doit revenir sur la table, ça sera au niveau de la rivière au complet. »

M. Bousquet abonde dans le même sens. Même si la question d’un règlement est bel et bien une demande des municipalités riveraines, c’est au gouvernement fédéral, notamment à Transports Canada, de gérer le dossier. Non seulement les municipalités n’ont pas les ressources pour consulter leur population, dit-il, mais les élus municipaux n’ont pas les compétences pour trancher à eux seuls un débat qui devrait toucher toute la rivière, allant du fleuve Saint-Laurent jusqu’au lac Champlain. La mise en place d’une limite de vitesse devrait être mise sur pause le temps que le fédéral, les députés et les autres élus municipaux se concertent sur la question.

Le maire François Berthiaume veut aussi que la MRC de La Vallée-du-Richelieu se prononce sur la nouvelle mouture du règlement et entreprenne une démarche globale sur la rivière. Entre-temps, le maire de Saint-Marc pense tout de même que les quatre municipalités devraient aller de l’avant avec un règlement, même s’il n’est pas parfait ou encore difficilement applicable, si ce n’est que pour donner des outils aux policiers et aux municipalités pour agir contre les plaisanciers problématiques.

Le maire se fait encore plus critique envers les conducteurs de bateau à wakeboard qui provoquent de grosses vagues. « Le règlement permettait certaines heures, mais le problème, c’est le wake, pas le moment pour le faire. Si on interdisait ce sport sur la rivière, je me demande bien quels problèmes il nous resterait vraiment. »

Du côté du bureau du député Xavier Barsalou-Duval, on maintient attendre après la décision des quatre municipalités. « Nous ne pouvons rien déposer s’il n’y a pas de vote. Le dossier n’est pas sur la glace, mais entre les mains des municipalités », a fait savoir Stevens Héroux, directeur du bureau du député. Selon lui, le nouveau règlement, même s’il ne fait pas l’unanimité, est un bon compromis.

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