19 janvier 2022
Sortie de trois conseillers municipaux
Regard divergent sur Belœil en 2022
Par: Olivier Dénommée
Les conseillers Louise Allie, Renée Trudel et Pierre Verret. Photothèque | L’Œil Régional ©

Les conseillers Louise Allie, Renée Trudel et Pierre Verret. Photothèque | L’Œil Régional ©

La longue entrevue accordée à la mairesse de Belœil, Nadine Viau, dans les pages de L’ŒIL dans l’édition du 5 janvier 2022 a incité trois conseillers municipaux issus d’une autre formation politique à faire une sortie pour « mettre à jour et rectifier certains faits » qui se trouvaient dans le premier article, critiquant au passage un manque de communication au sein du conseil.

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Louise Allie (conseillère du district 1), Renée Trudel (district 2) et Pierre Verret (district 6), tous élus sous la bannière Équipe Diane Lavoie – Belœil gagnant, n’ont pas apprécié certains points de l’article. « On sent qu’à plusieurs reprises, [les conseillers sont] mis de côté et on veut que le citoyen ait toute l’information possible », commente d’emblée Pierre Verret.

La rencontre à huis clos annoncée par la mairesse, où les neuf élus de Belœil devaient prendre le temps de discuter des attentes et des priorités de chacun, n’a notamment jamais eu lieu. « On avait demandé cette rencontre, affirme Renée Trudel, parce qu’on sait qu’il y a dans chaque parti des choses dont on peut discuter. Malheureusement, la mairesse a annulé la rencontre à cause des contraintes sanitaires, sans nous donner de date de report. »

Commenter les enjeux
En réponse à l’article précédent, les conseillers ont souhaité mettre leur grain de sel sur les principaux enjeux abordés avec Nadine Viau. Par exemple, le projet à venir pour du logement abordable mentionné par Mme Viau n’a, selon les trois conseillers dissidents, encore jamais été abordé auprès des autres élus. « S’il y a un projet qui s’en vient, on n’est pas encore au courant », ironise le trio. Mais même sans savoir de quoi il en retourne, on doute de sa faisabilité avec la hausse du rôle d’évaluation qui vient cette année. « Il y a un enjeu de cohérence. On s’attend à une augmentation très forte, de 15 à 20 %, de l’évaluation municipale, alors ce n’est pas encourageant pour les propriétaires de leur dire qu’ils doivent offrir du logement abordable, mais qu’ils devront payer plus de taxes », craint Louise Allie. « Le logement social est un enjeu important, mais il faut le faire comme il faut », ajoute M. Verret.

Les élus de Belœil gagnant ont aussi trouvé que le ton emprunté par la mairesse dans l’article ne représentait pas bien tout le travail mené par le conseil et l’administration de Belœil, notamment dans le dossier de l’urbanisme. « Le plan directeur doit être révisé, mais il existe déjà et de grandes choses ont été faites, notamment dans les parcs. De la façon que c’est formulé, c’est comme si rien n’avait été fait », critique M. Verret. C’est important pour nous de rappeler que c’est une mise à jour qui sera faite au cours de l’année, avec une proposition des loisirs dirigée par [le directeur Daniel] Marineau », ajoute Mme Trudel.

Ils déplorent également que le dossier du Golf ne soit pas davantage mis de l’avant. « C’est un dossier important et politisé, mais on a demandé de reprendre contact avec le CA du Golf pour lui dire qu’on veut faire partie de la solution », poursuit Renée Trudel, soulignant que, lors du porte-à-porte durant la campagne électorale, un citoyen sur deux posait des questions sur l’avenir du Golf. « Ce n’est pas un sujet à évacuer du revers de la main », martèle pour sa part Mme Allie, sentant que l’article donnait faussement l’impression que ce n’était pas un sujet important pour le conseil.

Même son de cloche pour la nouvelle école : sans se mouiller davantage sur le lieu, ou même le quartier où la prochaine école primaire verra le jour, les trois conseillers confirment que le travail se poursuit.

En revanche, les conseillers n’ont rien trouvé à redire dans le dossier du transport en commun, un enjeu où les trois partis ont bien collaboré. « On est contents de ce qu’on a fait et il devrait en principe y avoir de nouveaux développements en septembre pour rendre exo gratuit sur tout le territoire », se réjouit Pierre Verret.

Enjeu de communication
Une critique récurrente des trois conseillers est le fait qu’ils ne se sentent pas suffisamment inclus avant les sorties de la mairesse dans les médias. « Quand elle était mairesse, Diane Lavoie avait un immense respect pour ses conseillers et elle les consultait. […] Elle aurait organisé une réunion avec les conseillers avant la rencontre pour nous demander s’il y avait des enjeux que l’on avait à transmettre », affirme M. Verret, qualifiant cet oubli de la part de Nadine Viau de « maladresse ».

Selon Mme Trudel, cette « vigilance » aurait été particulièrement de mise dans le contexte où la plupart des conseillers ont encore peu d’expérience et que trois partis se retrouvent autour de la table de décision. « Il faut chercher le consensus autant que possible. Il y a des éléments sur lesquels on est prêts à travailler, mais ça dépend de la personne qui dirige. » Mais malgré cette sortie, les trois élus sont d’accord pour dire qu’il faut que le conseil aille « au-delà des partis pour avancer ».

À noter que les deux élus issus d’un parti autre que celui de la mairesse, Vincent Chabot et Martin Robert de Belœil, c’est nous!, ont décliné l’invitation de L’ŒIL de faire part de leurs commentaires en réaction à la longue entrevue publiée dans nos pages.

Surprise et déception
Invitée à commenter certaines critiques formulées par les conseillers, la mairesse Nadine Viau s’est dite « surprise et déçue de voir ces suites », d’autant plus que personne ne lui a fait savoir au préalable qu’il n’avait pas apprécié sa sortie dans le journal.

Mme Viau ne croit pas qu’elle a commis une maladresse en rencontrant L’Œil Régional sans consulter l’ensemble des conseillers. Ne connaissant pas les questions à l’avance, elle est « [restée] dans les limites des échanges déjà eus avec le conseil, sans plus ». « J’ai répondu en mon nom de mairesse. Ce rôle me permet de partager toute information d’intérêt public. Je n’ai pas à consulter l’ensemble des conseillers avant chaque intervention publique et je me fais un devoir de m’assurer d’être porte-parole avec bienveillance. »

Elle confirme toutefois que, vu la situation pandémique, la rencontre à huis clos a été annulée jusqu’à nouvel ordre. Selon elle, « ce type de rencontre doit impérativement se tenir en présentiel afin d’optimiser la collaboration et d’éviter les malentendus ». Elle assure que cette rencontre aura bel et bien lieu lorsque la situation le permettra. Vu cette sortie de trois conseillers dans le journal, elle convient que cette fameuse rencontre sera nécessaire, non seulement pour voir les priorités de chaque conseiller, mais aussi pour « clarifier les rôles et responsabilités de chacun » et « mettre en place nos règles de fonctionnement » au sein du conseil.

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