4 janvier 2022
Entrevue avec la mairesse Nadine Viau
Regard sur 2022 à Beloeil
Par: Olivier Dénommée
La mairesse de Belœil, Nadine Viau, a longuement parlé des priorités du conseil et des enjeux qui risquent de marquer la prochaine année.Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

La mairesse de Belœil, Nadine Viau, a longuement parlé des priorités du conseil et des enjeux qui risquent de marquer la prochaine année.Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Il y a moins d’un an, Nadine Viau ne rêvait même pas encore à la mairie de Belœil. Aujourd’hui, elle est à la tête d’un conseil municipal divisé entre trois partis et leurs idées parfois divergentes. À l’aube de la nouvelle année, L’Œil Régional l’a rencontrée pour en savoir plus sur la direction que pourrait prendre la Ville durant son mandat.

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2021 a été une année d’apprentissages « à la vitesse grand V », soutient la nouvelle mairesse, qui s’est lancée dans la course au printemps avec une toute nouvelle formation politique, Oser Belœil. « Ce n’était pas dans mes cartons de faire de la politique, mais en travaillant dans les municipalités à travers le Québec, j’ai vu que des petites municipalités étaient capables de réaliser de grandes choses avec pas grand-chose, souvent grâce à la participation citoyenne. Les dossiers du Golf et de l’école qui allait être bâtie dans le parc de la Baronne ont éveillé quelque chose en moi et j’ai eu envie de faire quelque chose en m’entourant d’une équipe. »

Puis, le 7 novembre, elle est parvenue à convaincre une majorité d’électeurs de lui accorder sa confiance, même si la victoire a été douce-amère – sur huit conseillers, seulement trois de sa formation ont été élus avec elle. Les compromis deviennent donc inévitables au sein du conseil municipal, mais Mme Viau se dit prête à relever le défi. « Je vois ce conseil comme une source de points de vue différents qui peuvent nous amener plus loin dans les dossiers. Il faut juste que tout le monde fasse preuve d’ouverture et mette son ego de côté pour le meilleur de la collectivité », soutient-elle.
Les élus doivent d’ailleurs se rencontrer au retour des fêtes pour discuter des attentes et des priorités de chacun. « Je crois que beaucoup de points nous rallient, et tous les partis ont apporté de bonnes idées. À trois équipes, c’est certain que ça va nous amener à nous poser les bonnes questions. »

Enjeux multiples
Le dossier du logement abordable a été sur les lèvres de plusieurs citoyens entendus lors des séances du conseil. La mairesse assure avoir démarré une réflexion très sérieuse sur la question et prévient qu’un projet s’en vient cette année. « On se doit d’innover sur ce plan et j’aimerais que Belœil ait l’audace de proposer un projet pilote en logement abordable qui pourrait servir d’exemple pour tout le Québec », commente-t-elle.

Autre sujet fréquent dans les questions des citoyens : l’environnement et les changements climatiques. Si Mme Viau voit déjà la gratuité du transport en commun sur son territoire comme un pas dans la bonne direction pour diminuer la dépendance à l’auto solo, elle croit que la solution pour lutter contre la crise climatique se trouve notamment dans une réglementation plus stricte, par exemple sur la coupe d’arbres. « L’ensemble du conseil est en faveur de gestes pour protéger l’environnement, alors c’est certain qu’on va proposer quelque chose au courant de l’année. Des initiatives sortiront certainement aussi des tables de quartier! », insiste-t-elle. Elle se montre aussi ouverte à éventuellement participer au projet de règlement limitant la vitesse des embarcations sur la rivière Richelieu, par souci de cohérence avec les autres municipalités riveraines.

Mme Viau réitère l’engagement de son équipe à mettre en œuvre des mesures pour encourager la participation citoyenne, incluant une nouvelle plateforme de consultation citoyenne et un budget participatif. L’annonce officielle devrait suivre dans les prochaines semaines, ce qui permettra d’en savoir plus sur la forme que prendront ces initiatives.
Au niveau du développement de la ville, Nadine Viau mise sur le plan directeur des sports et loisirs, dont les travaux doivent s’amorcer en début d’année, pour mieux cerner les besoins de Belœil sur ce plan. Sans blâmer le rythme effréné du développement des dernières années, elle croit que, pour l’avenir, il est mieux de privilégier « de la qualité, pas juste de la quantité » et d’avoir un plan d’urbanisme cohérent. C’est aussi vrai dans le secteur du Vieux-Belœil qui est voué à se transformer, mais qui, selon elle, peut avoir une véritable valeur ajoutée si la Ville a une vraie vision d’ensemble pour ce quartier.
Sujets épineux
D’autres sujets font moins l’unanimité au sein du conseil, et d’autres ont été complètement évacués depuis l’élection. Notamment, la question du Golf, qui a pourtant été une étincelle pour plusieurs candidats, ne semble pas faire partie de la liste de priorités. « Ça reste dans mes préoccupations d’aller rencontrer les propriétaires, mais il faut dire que ça reste un enjeu polarisant. Et comme nous sommes un conseil minoritaire, je préfère miser sur des projets structurants pour le moment », mentionne Mme Viau. Elle demeure aussi évasive sur l’endroit où devrait se retrouver la future école de Belœil, assurant au passage que c’était toujours une priorité pour la Ville de trouver l’endroit le plus approprié. Finalement, un des partis en lice avait évoqué le désir de revoir à la baisse le salaire des élus, mais le sujet n’a même jamais été abordé depuis l’élection et rien n’indique que la question se retrouvera de sitôt à l’ordre du jour.

Du côté de la MRC de la Vallée-du-Richelieu, Nadine Viau est loin d’être la seule nouvelle élue autour de la table. Les premiers contacts sont très positifs. « On se parle et il y a beaucoup de respect. Les autres maires sont des gens allumés qui ont le goût de collaborer. Ça nous amène à nous questionner sur des enjeux communs et on a déjà quelques projets à court terme », laisse-t-elle entendre. Sans pouvoir donner les détails, elle précise que les maires de McMasterville et Saint-Mathieu-de-Belœil, deux municipalités voisines, lui ont rapidement tendu la main pour collaborer dans le cadre de projets collectifs qui devraient se concrétiser dans la prochaine année.

Rencontrée au milieu de la vague de mauvaises nouvelles annoncées en fin d’année par le gouvernement Legault, Nadine Viau ne sait pas de quoi sera fait 2022, mais elle espère que ce sera « l’année de la participation citoyenne et du renouveau à Belœil », même si elle est bien consciente que ce n’est pas elle qui aura le dernier mot sur l’agenda.

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