23 février 2022
Timide retour à la normale pour les cabanes à sucre
Par: Olivier Dénommée
Malgré les assouplissements des mesures sanitaires, la Cabane du Coureur à Saint-Marc-sur-Richelieu fait le choix de ne pas ouvrir ses portes et de n’offrir que des boîtes-repas cette année. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Malgré les assouplissements des mesures sanitaires, la Cabane du Coureur à Saint-Marc-sur-Richelieu fait le choix de ne pas ouvrir ses portes et de n’offrir que des boîtes-repas cette année. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Après deux années où la saison des sucres a été compromise par la pandémie de COVID-19, les amateurs peuvent commencer à réserver leur place pour une expérience de cabane à sucre. Mais les options se font rares dans la région alors que plusieurs établissements ont fait le choix de garder leurs salles à manger fermées cette année malgré les récents assouplissements des mesures sanitaires.

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C’est notamment le choix de la Cabane du Coureur, située à Saint-Marc-sur-Richelieu. « On traverse encore des montagnes russes et on avait besoin de prévisibilité pour prendre notre décision d’avance. Ça a été une décision difficile à prendre, mais dès janvier on a fait le choix de ne pas ouvrir notre cabane à sucre en mars pour se concentrer sur les boîtes prêtes à assembler, comme l’année dernière », confirme le directeur administratif de la Cabane du Coureur, Marc-Antoine Dionne. Il reconnaît que la pénurie de main-d’œuvre a aussi influencé la décision de l’entreprise, qui gère également les restaurants Le Coureur des Bois (Belœil) et le H3 (Montréal). « On a connu une belle saison en 2021 grâce à nos boîtes pour emporter et on offre la même formule cette année, entre le 18 février et le 23 avril », poursuit M. Dionne. Les boîtes peuvent être achetées directement sur le site de la Cabane du Coureur, ou encore via le site du collectif Ma cabane à la maison (MCALM), et pourront être récupérées au Coureur des Bois.

Cette année, 47 cabanes à sucre de partout au Québec participent à MCALM. Dans la Vallée-du-Richelieu, on remarque aussi la présence de l’Érablière Maurice Jeannotte dans la liste des participants. La cabane à sucre basée à Saint-Marc n’a pas annoncé de réouverture de ses salles à manger, mais met de l’avant la vente de ses « paniers du temps des sucres ». Toujours à Saint-Marc, la Cabane à sucre Paul Blanchard semble faire un choix similaire en vendant des boîtes par téléphone.

Formule différente
Même dans les cabanes à sucre qui prennent l’initiative d’ouvrir leurs portes dans les prochaines semaines, on n’assiste pas tout à fait à un retour à la normale. Du côté de la Cabane à sucre Handfield, associée à l’Auberge Handfield, on invite sur son site la clientèle à « profiter du traditionnel repas de la cabane à sucre, mais à l’auberge », entre le 3 mars et le 24 avril. L’Auberge Handfield n’a pas donné suite à la demande d’entrevue de L’ŒIL au sujet de la raison expliquant cette décision.

Les repas du temps des sucres font partie de la tradition à La Maison amérindienne, mais la pandémie a forcé l’institution muséale de Mont-Saint-Hilaire à réviser sa formule. « Pour nous, ces repas étaient aussi une levée de fonds et on les offrait de février à mai, ce qui devenait épuisant! Ces repas vont revenir cette année, mais à des dates plus précises pour des soupers thématiques. On en fera moins, mais ce seront de véritables expériences pour ceux qui y participeront », laisse entendre Chantal Millette, directrice générale de La Maison amérindienne. Les dates de ces événements n’ont pas encore été annoncées.

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À la défense de Ma cabane à la maison
Mis en place en 2021, le projet Ma cabane à la maison (MCALM) a été la façon pour les cabanes à sucre de garder la tête hors de l’eau en offrant des boîtes-repas à l’aube d’une deuxième saison des sucres en pleine pandémie.

Un récent reportage de Radio-Canada a toutefois jeté une ombre sur le concept alors que des participants au projet se sont sentis floués, accusant Stéphanie Laurin, présidente de l’Association des Salles de réception et Érablières commerciales du Québec, et Sylvain Arsenault, président de la firme de communication marketing Prospek, d’avoir enregistré à leur nom la marque de commerce de MCALM. Les détracteurs craignent aussi que sa popularité serve à faire de la compétition aux érablières indépendantes dans l’avenir.

Marc-Antoine Dionne de la Cabane du Coureur soutient pourtant que Ma cabane à la maison fait positivement la différence pour plusieurs joueurs. « Ça nous offre une visibilité qu’on n’aurait pas autrement. L’année dernière, 40 % de nos ventes se sont passées à l’aide de MCALM. Ce projet-là, on y croit », assure-t-il.

Dans les dernières semaines, des dizaines d’érablières ont cosigné la lettre d’opinion « Nous sommes Ma cabane à la maison », défendant ce « projet rassembleur » qui a permis de vendre 110 000 boîtes-repas en 2021. « L’an dernier, la majorité des personnes qui ont commandé une boîte-repas ont affirmé vouloir rééditer l’expérience. Nous espérons sincèrement qu’ils le feront, car la solidarité a tellement bon goût! », conclut la lettre.

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