16 février 2022
Trente ans de compassion et de dévouement pour la Maison Victor-Gadbois
Par: Denis Bélanger

Mélanie Marsolais, Nicole Robidoux, Claire Lelièvre, Louise Auger, Élodie Malo, Christiane Martel et Nathalie Savard.Photo François Larivière | L’OEil Régional ©

Située aux abords de l’autoroute 20, la Maison Victor-Gadbois est un organisme à but nonlucratif accueillant des gens en fin de vie atteints du cancer.Photo François Larivière | L’OEil Régional ©

Deux dames présentes à la Maison depuis 30 ans. La bénévole Claire Lelièvre et la directrice générale Nathalie Savard. Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

Nathalie Savard et son prédécesseur André Déry. Photo gracieuseté

La Maison de soins palliatifs Victor- Gadbois à Saint-Mathieu-de-Belœil a soufflé sa 30e bougie d’anniversaire le 24 janvier dernier. Des améliorations et des agrandissements ont été apportés au cours des trois dernières décennies. Mais l’investissement le plus important et gratifiant est la sélection avec grand soin du personnel et des bénévoles qui sont présents pour accompagner et soutenir les patients et leurs proches à travers le deuil.

Publicité
Activer le son

Dévouement, compassion et loyauté décrivent le mieux toutes les personnes œuvrant entre les quatre murs de la Maison, dans tous les départements, que ce soit les soins, l’accueil ou encore dans les bureaux administratifs. Les qualités humaines valent leur pesant d’or dans le processus de sélection, comme en témoignent les propos de Nathalie Savard, directrice générale de la Maison depuis 2017. « Quand j’ai été embauchée d’abord comme infirmière, j’étais jeune et je n’avais pas beaucoup d’expérience. J’avais le désir d’être là. Un de nos fondateurs avait justement la vision de garder ça vivant. […] Je m’occupe des embauches depuis une dizaine d’années déjà. Je cherche un humain prêt à s’abandonner pour la cause et qui a envie de se perfectionner pour devenir meilleur et rester humble. Ici, plus tu montes en responsabilités, plus tu es au service des gens. »

Mme Savard a eu l’occasion de tirer quelques précieux apprentissages d’André Déry, qui a occupé la direction générale pendant de nombreuses années. « M. Déry est un homme bon, rigoureux, engagé et capable de s’oublier pour la cause. Je ne fais que poursuivre le travail. »

Un engagement de longue date

Les bénévoles et les employés développent rapidement un fort sentiment d’attachement à la Maison et restent ainsi à son service pendant très longtemps. Nathalie Savard prêche par l’exemple en la matière, présente depuis 1992. Elle n’est toutefois pas la seule trentenaire. L’administrateur au conseil d’administration André Gauthier, la bénévole à l’accueil Andrée Manseau ainsi que Claire Lelièvre, maintenant bénévole au Centre de jour, sont également présents depuis trente ans. Mme Lelièvre a d’ailleurs été celle qui a accueilli le premier patient le 24 janvier 1992.

« C’était jour de verglas. C’est incroyable, il me semble que c’était hier. J’ai encore la flamme pour la maison qui est remplie d’amour. Je vais continuer à faire du bénévolat tant que je le pourrai », lance Mme Lelièvre.

Le discours d’attachement et de dévotion est tenu également par l’infirmière Nicole Robidoux ainsi que la présidente du conseil d’administration et directrice du bureau médical et médecin dans l’équipe de soins, Christiane Martel, qui sont présentes à l’organisme respectivement depuis 27 et 25 ans. « Nos patients sont nos petits psychologues. Nous partons d’ici très satisfaits de nos journées », rapporte Mme Robidoux. « Je suis venu pour apprendre et je ne suis jamais repartie », ajoute pour sa part Mme Martel.

Et il n’est jamais trop tôt pour commencer à s’impliquer à la Maison Victor- Gadbois. Élodie Malo fait du bénévolat depuis qu’elle a l’âge de cinq ans. Elle a commencé son implication en remplissant des petits pots de confitures destinés à la vente. Elle avait la tâche de déchiqueter des documents confidentiels. Elle était la candidate parfaite, vu qu’elle ne savait pas encore lire. « La Maison est comme un sixième membre de la famille. Ma mère était infirmière à l’époque et il arrivait que je dorme ici des fois. Je venais aussi ici durant les journées pédagogiques. J’ai fait vraiment plusieurs trucs », souligne la jeune femme âgée dans la mi-vingtaine et fille de la directrice générale Nathalie Savard.

Pour plusieurs autres employés, la Maison Victor-Gadbois leur a ouvert une nouvelle voie dans leur cheminement professionnel. « J’admirais beaucoup déjà l’organisation avant de m’y joindre en 2013. J’aime beaucoup le côté humain. Auparavant, je travaillais dans le corporatif où c’était moins axé sur cet aspect », raconte l’adjointe à la direction générale Nathalie Marcoux.

« J’étais sexologue et j’œuvrais en toxicomanie. Après avoir accompagné l’une de mes sœurs à travers la maladie, j’ai eu l’appel pour trouver ma voie. Je suis maintenant payée pour être en relation avec les patients », confie l’intervenante psychosociale Louise Auger, en poste depuis quelques mois seulement.

La Maison Victor-Gadbois a accueilli 5356 patients depuis son ouverture. S’y ajoutent 900 invités au Centre de jour et à la Clinique de gestion de symptômes depuis septembre 2016. L’établissement compte aussi 78 employés et 185 bénévoles qui consacrent plus 29 000 heures de bénévolat par année. Le budget annuel d’opération est de 5,3 M$. La Maison bénéficie depuis longtemps du soutien de la population qui contribue à la cause par l’entremise des nombreux moyens de financement.

Un défi

Les deux dernières années ont été éprouvantes pour tout le personnel et les bénévoles de la Maison Victor-Gadbois ainsi que pour les patients et leurs proches en raison de la propagation de la COVID-19. Les mesures sanitaires et les règles de distanciation sociale ont demandé à tous un énorme ajustement. « Il y avait moins de proximité et de spontanéité. Des petits contacts physiques de réconfort n’étaient pas possibles. Nous avions nos yeux pour témoigner de notre soutien », note Nicole Robidoux. « J’ai hâte que le bon fonctionnement reprenne pour retrouver cette chaleur humaine », dit pour sa part Claire Lelièvre.

La direction générale a su s’ajuster pendant la pandémie, en mettant entre autres sur pied un Centre de jour virtuel et en offrant du soutien à domicile. Nathalie Savard s’est de plus toujours assurée de permettre aux proches directs de la personne mourante d’être aux côtés de cette dernière, et ce, dans un contexte sécuritaire. « Je le répète, nous privilégions l’humain. Les gens respectaient les consignes qui faisaient du sens pour notre équipe. »

La Maison n’a d’ailleurs pas eu à se soucier de demander une preuve de vaccination, car elle n’était pas obligatoire pour les gens visitant des personnes en fin de vie.

image