2 février 2022
Belœil
Un conseiller potentiellement écarté de la présidence des commissions
Par: Olivier Dénommée
Karim-André Laz, conseiller du district 3 des Villas. Photothèque | L’Œil Régional ©

Karim-André Laz, conseiller du district 3 des Villas. Photothèque | L’Œil Régional ©

La dernière séance publique du conseil municipal de Belœil, tenue le 24 janvier, a laissé place à quelques mésententes entre les élus. Un vote divisé sur un point abordant les présidences et vice-présidences des différents comités et commissions a amené la mairesse Nadine Viau à utiliser son droit de veto.

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C’est le point 9 à l’ordre du jour qui a suscité des débats entre les élus d’Oser Belœil, la formation derrière la mairesse actuelle, et ceux de Belœil gagnant, qui se présentaient avec la mairesse défaite Diane Lavoie. La composition des comités étant déjà réglée depuis quelques mois; il ne restait qu’à nommer leurs présidents et vice-présidents. Le conseiller du district 3, Karim-André Laz, élu sous la bannière Oser Belœil, est le seul qui n’a accédé à aucune présidence ni vice-présidence, alors que tous ses autres collègues étaient à la tête de plusieurs comités. Les raisons qui expliquent cette situation restent mystérieuses.

M. Laz s’est vivement opposé à cette proposition, la jugeant « déraisonnable » et citant l’article 3 du Code d’éthique et de déontologie (traitant notamment d’intégrité, de recherche d’équité, de poursuite de l’intérêt public et de respect envers les autres membres du conseil) pour dénoncer son traitement qu’il voit comme une « punition » et une « humiliation ». « Ça m’offense et ça contribue à rendre néfaste le contexte dans lequel nous travaillons au conseil ». Il voit aussi cette absence de nomination comme « un désaveu des citoyens du district 3 ».

Les autres conseillers d’Oser Belœil, Martin Dubreuil et Julie Lavoie, ont ajouté leur grain de sel, affirmant qu’ils ont été « témoins de façons de faire dérangeantes » au sein du conseil, et ont invité les autres élus à ne pas exclure Karim-André Laz. Du côté de Belœil gagnant, on ne tire pas les mêmes conclusions. Renée Trudel, de Belœil gagnant, a elle-même mentionné le code d’éthique pour expliquer que son collègue se retrouve dans cette situation. Elle a aussi rappelé que M. Laz demeure membre des comités auxquels il siège et qu’il a le droit « de siéger, de s’exprimer et de représenter les citoyens du district 3 ». « Ce que nous avons constaté, c’est qu’au niveau des titres de présidence et vice-présidence, effectivement, il n’a pas de titre pour l’instant », note-t-elle, sans préciser les raisons menant à une telle décision.

À la fin des débats, cinq conseillers ont voté en faveur de la résolution telle que présentée et trois ont voté contre. C’est là que Nadine Viau a utilisé son droit de veto pour reporter la décision finale à la prochaine séance du conseil. « L’ensemble du conseil, on est confrontés à une réalité qui nous met mal à l’aise individuellement. […] J’aimerais proposer à l’ensemble du conseil de réfléchir à nouveau à la proposition et de voir si on peut inclure l’ensemble des conseillers souhaitant s’impliquer », a-t-elle expliqué à ses collègues. On connaîtra donc le 28 février la conclusion de cette mésentente.

Mme Viau a aussi décidé d’apposer son veto sur le point 10, où on devait ajouter un troisième représentant du conseil à la commission de relance économique. Si le conseil a voté à l’unanimité d’y ajouter Pierre Verret, la mairesse a décidé « pour être conséquent et cohérent », de reporter le vote à la prochaine séance du conseil. Ce à quoi M. Verret a ironiquement répondu « Merci beaucoup pour la démocratie ».

Plus de questions que de réponses
Si beaucoup de sous-entendus ont été dits lors de la séance du conseil, personne n’a clairement dit ce qui avait amené la majorité des élus à exclure M. Laz de la présidence des différentes commissions. Une source nous permet de croire que des positions défendues par le conseiller du district 3 en séance plénière (caucus) auraient amené cette situation, sans préciser lesquelles puisque ce qui est discuté en plénière est confidentiel. « Si les motivations derrière cette proposition sont liées à l’une ou l’autre de mes positions en séances plénières qui reposent sur les valeurs que sont la prudence, la diligence, la transparence et l’éthique, c’est […] désolant. Me sanctionner pour mes positions sur un dossier en m’empêchant d’assumer un rôle d’importance dans l’un ou l’autre des comités ou des commissions ne m’apparaît pas conforme au devoir de loyauté envers la Municipalité qui requiert que l’intérêt de la Municipalité prime », a commenté Karim-André Laz à L’ŒIL.

Le mystère demeure complet sur les fameuses positions jugées assez sérieuses par la majorité du conseil pour en venir à exclure M. Laz de la présidence des différentes commissions. Il ne reste qu’à voir si les conseillers vont réviser leurs positions d’ici la prochaine séance publique.

À noter qu’un autre sujet houleux s’est invité au conseil le 24 janvier alors que la question des pancartes volées pendant la dernière campagne électorale a été abordée à la suite d’une question de Jean-Yves Labadie, ancien conseiller. Karim-André Laz a été visé personnellement puisqu’il avait écrit une publication Facebook datant du 22 septembre 2021 qui, selon l’équipe Diane Lavoie, accusait à tort ce parti du méfait.

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