29 avril 2024 - 11:00
Changement à sa réglementation
Un gazon plus long à Belœil
Par: Olivier Dénommée

La Ville de Belœil a annoncé la modification de sa réglementation afin d’encourager les citoyens à adopter une approche plus écologique pour entretenir leurs espaces verts en zone urbaine, notamment en laissant pousser leur gazon à plus de 20 cm à différents endroits, tout en gardant des « zones de propreté » de 2 mètres entre chaque voisin.

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« Il importe de comprendre que cette orientation ne signifie pas qu’il faut négliger l’entretien de son terrain ou laisser proliférer les plantes envahissantes. Les bénéfices écologiques des îlots de biodiversité sont nombreux, et bien que cette approche ne convienne pas à tous, nous espérons qu’un grand nombre de citoyens s’y intéresseront, ayant ainsi un impact positif sur de multiples aspects environnementaux sur notre territoire », a commenté la mairesse de Belœil, Nadine Viau.

En entrevue, elle reconnaît que Belœil est en banlieue et que les pelouses vertes parfaites sont encore importantes pour beaucoup de citoyens. « On ne force évidemment personne à faire pousser son gazon, mais on répond aux besoins d’un pourcentage de personnes qui veulent autre chose, comme laisser pousser des fleurs sauvages ou avoir un aménagement comestible, ce qui n’était pas permis avant. C’est un changement dans la façon de voir la communauté qu’on propose ici, qui répond aux demandes de ceux qui sont à l’avant de la tendance. » Belœil s’est notamment inspirée de Nicolet pour élaborer ce nouveau règlement.

Cette nouvelle réglementation devrait ainsi permettre de réduire les besoins de fertilisation, de tonte et de désherbage des terrains sur le territoire, sans pour autant négliger les terrains. D’ailleurs, la mairesse rappelle que la Ville avait commencé à faire des « aménagements biophiles » l’été dernier sur certains terrains lui appartenant. « Des citoyens ont vu ça et nous ont demandé pourquoi ils ne pouvaient pas aussi faire ça chez eux », note Mme Viau. Ce changement va donc de soi et s’ajoute aux mesures plus écologiques prises par la Ville, comme l’encadrement de l’utilisation de pesticides à des fins esthétiques et le renforcement de la protection du patrimoine arboricole. La mairesse rappelle aussi que Belœil est depuis quelques années Amie des abeilles. « Est-ce que ce changement peut en choquer quelques-uns? Oui, c’est certain, mais on va continuer d’évoluer dans la bonne direction et on va aussi peaufiner le règlement à l’usage », insiste-t-elle.

À Mont-Saint-Hilaire

De l’autre côté du Richelieu, à Mont-Saint-Hilaire, L’ŒIL avait rapporté à l’été 2022 qu’un couple contrevenait à la réglementation municipale à cause de ses herbes longues qu’il refusait de couper pour des raisons écologiques. Or, la Ville a changé sa position quelques mois plus tard, alors qu’elle a revu son règlement en décembre de la même année. « Il est désormais considéré comme une nuisance le fait de laisser pousser l’herbe à une hauteur supérieure à 30 centimètres (sauf dans une bande minimale de végétation près d’une rive). La hauteur permise a donc été doublée puisqu’elle était auparavant limitée à 15 cm », note la porte-parole de Mont-Saint-Hilaire, Geneviève Désautels.

Elle rappelle qu’il demeure une nuisance de « laisser pousser des plantes constituant un risque pour la santé publique, en particulier l’herbe à puce, la berce du Caucase et l’herbe à poux ».

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