7 septembre 2022
Rues Doré et Gadbois à Belœil
Une mobilisation citoyenne change les plans de la Ville pour les trottoirs
Par: Olivier Dénommée
Des travaux de réfection sont en cours sur les rues Doré et Gadbois à Belœil, et un des deux trottoirs doit être retiré.Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©��

Des travaux de réfection sont en cours sur les rues Doré et Gadbois à Belœil, et un des deux trottoirs doit être retiré.Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

Ces dernières semaines, la Ville de Belœil a entamé des travaux de réfection des infrastructures dans les rues Doré et Gadbois. Ces travaux incluent non seulement une réfection des réseaux d’égouts, mais aussi une modification de la structure de rue, menant à la disparition d’un des deux trottoirs. Des résidents se sont levés pour faire modifier le projet.

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Notons qu’un tel changement est normal depuis une quinzaine d’années à Belœil, qui profite de travaux de réfection dans les rues pour aussi remplacer les trottoirs non conformes de 1,2 m de largeur sur chaque côté des rues par un seul trottoir d’une largeur réglementaire de 1,8 m. Quant au choix du trottoir conservé, la Ville prend en compte plusieurs critères, dont le côté de rue le plus ensoleillé.

Elizabeth Leblanc et d’autres citoyens du secteur visé ont interpellé la Ville en apprenant le changement qui s’apprêtait à être réalisé sur les trottoirs de ces rues, cherchant à comprendre cette décision. Mme Leblanc a notamment écrit à la conseillère de son district, Julie Lavoie, et s’est présentée à la séance du conseil du 22 août, en compagnie de voisins, pour faire valoir ses inquiétudes quant à la sécurité des piétons, particulièrement des enfants qui marchent pour se rendre à l’école Saint-Mathieu, située à quelques centaines de mètres de ces rues.

« Il y a plusieurs enfants dans le quartier qui se retrouveront sans trottoir de leur côté de la rue, qui auparavant pouvaient marcher de façon sécuritaire dans leur rue et qui, désormais, devront traverser du côté opposé pour pouvoir se déplacer de façon sécuritaire. L’existence d’un trottoir est essentielle à la sécurité des piétons, autant pour les enfants que pour les aînés et pour tous les résidents qui y circulent », écrivait entre autres Mme Leblanc dans un courriel destiné à Julie Lavoie et dont L’ŒIL a obtenu copie. La citoyenne cherchait à savoir si quelque chose pouvait encore être fait pour renverser cette décision.

En séance du conseil municipal, la mairesse Nadine Viau a joué de prudence face aux questions des citoyens des rues Doré et Gadbois venus exprimer leurs inquiétudes et leurs souhaits face à cette situation. Elle a assuré que la Direction du génie de la Ville a évalué l’ensemble des aspects pour limiter au maximum les impacts du retrait d’un trottoir sur deux dans ces rues. « On ne prend jamais une décision sur le coin d’une table », a-t-elle affirmé, assurant que les demandes des citoyens seraient transmises au Service du génie.

Compromis recherché

L’intervention des citoyens au conseil a visiblement porté fruit puisqu’une rencontre entre les représentants de la Direction du génie et du Service des travaux publics, de même que des élus, a eu lieu avec des résidents du secteur le 24 août, soit deux jours plus tard, pour discuter de la situation des trottoirs. « On sort tous grandis de cet échange. Merci aux citoyens et à l’administration pour votre ouverture et votre recherche de compromis », s’est réjouie Mme Viau dans une publication sur les réseaux sociaux.

Mme Leblanc s’est elle-même avouée agréablement surprise de constater que la mobilisation de son voisinage avait effectivement amené la Ville à chercher un compromis, même si elle demeurait consciente qu’aucune décision ne pourrait plaire à tous à 100 %. « Peu importe la décision, nous sommes très heureux de l’écoute de la Ville à notre égard et nous comprenons mieux tous les critères qui sont en jeu. Évidemment, nous n’appuyons pas l’idée que la Ville retire un trottoir sur deux dans tous les projets de réfection des rues, mais nous sommes ravis d’avoir été consultés et qu’on nous ait proposé des options malgré les contraintes en cours », a-t-elle commenté au journal.

Dès le 26 août, une modification au projet a été confirmée afin de limiter les impacts dénoncés par les résidents des rues visées. « Dès le lendemain de l’intervention des citoyens, on s’est mis à la recherche de solutions et on a été à la rencontre des citoyens pour voir les enjeux auxquels ils faisaient face. On a finalement opté pour une modification du projet, changeant les trottoirs de côté, pour respecter le trajet naturel que plusieurs personnes empruntent lorsqu’ils marchent dans le secteur. Je suis fière de l’administration publique de la Ville qui a été en mode solution dans ce dossier », affirme la mairesse Viau au sujet du changement. Cet épisode lui fait également dire qu’elle espère que les citoyens utiliseront encore plus la plateforme Je Participe, ce qui leur permettra de voir les implications des projets et leur donnera davantage de temps pour faire valoir leurs préoccupations.

Maintenant que ce dossier semble clos, Elizabeth Leblanc espère que les citoyens de Belœil seront davantage impliqués et qu’ils participeront aux différentes rencontres organisées par la Ville pour présenter ses projets qui les concernent « et non se réveiller à la dernière minute » lorsque des changements inacceptables s’apprêtent à être réalisés à proximité de chez eux. « Tout est plus facile à régler avant le début du chantier. Le Service du génie considère plusieurs critères pour le choix du trottoir conservé, et les citoyens sont les mieux placés pour observer les problématiques qui affectent leur rue », conclut-elle.

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