19 mai 2021
Traverse à l’année
Une rivière, deux options
Par: Sarah-Eve Charland

Les citoyens de Saint-Denis, de Saint-Antoine et des environs ne peuvent pas traverser la rivière durant la période hivernale.Photo François Larivière | L’Œil Régional ©

D’un côté, les élus veulent un pont. De l’autre, ils veulent plutôt installer une technologie qui empêcherait la rivière de geler en hiver. Ce qu’ils ont en commun, c’est la volonté de trouver une solution pour traverser la rivière Richelieu durant toute l’année. Saint-Antoine-sur-Richelieu, Saint-Denis-sur-Richelieu, Saint-Ours et Saint-Roch-sur-Richelieu travaillent désormais de concert pour aménager une solution permanente.

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Depuis plusieurs années, il est impossible d’aménager un pont de glace suffisamment solide et sécuritaire pour permettre aux automobilistes de traverser la rivière. En hiver, les municipalités se retrouvent donc isolées chacune de leur côté. En été, les villes peuvent compter sur des entreprises gérant un traversier.

Le député de Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères, Xavier Barsalou-Duval, a été approché par la Municipalité de Saint-Antoine-sur-Richelieu qui souhaite installer un rideau de bulles empêchant ainsi la formation de glace sur le cours d’eau.

« En faisant des démarches, on s’est rendu compte qu’il y avait aussi un projet à Saint-Ours qui consiste à prolonger le pont des écluses. Il y a plus de chances de faire avancer les projets si on travaille ensemble. Un projet comme celui-là a un effet régional.

Pour certains citoyens, le détour de la rivière peut prendre 45 minutes. Choisir d’habiter dans une municipalité ou une autre, [si les personnes doivent faire un détour de] 45 minutes, cela peut jouer dans la balance », affirme le député.

M. Barsalou-Duval et le député de Bécancour–Nicolet–Saurel, Louis Plamondon, sont donc ouverts à participer financièrement et à porter le projet de traverse.

Deux projets

Pour le moment, on retrouve deux projets sur la table, soit celui de rideau de bulles qui pourrait voir le jour à Saint-Antoine-sur-Richelieu et Saint-Denis-sur-Richelieu, et celui de pont à Saint-Ours et Saint-Roch-sur-Richelieu. Pour ce dernier, une partie de la structure a été construite dans les années 1970 et se rend déjà au milieu de la rivière, sur une île.

« Ce qu’on propose, c’est de finir le pont. L’objectif est de monter un dossier pour aller cogner aux portes. Avoir une traverse à l’année permettrait d’ouvrir le territoire. C’est une vision hivernale qu’on cherche. Je n’ai aucun intérêt à ce qu’on nuise au service de traversier. Le pont pourrait tout simplement ouvrir lorsque le traversier fermerait », souligne le maire de Saint-Ours, Sylvain Dupuis.

La mairesse de Saint-Antoine, Chantal Denis, voit aussi dans la possibilité de traverser à l’année un potentiel énorme pour ses citoyens qui pourraient aller utiliser les services des commerces à Saint-Denis, par exemple. Pour elle, le choix de traverser la rivière par le biais de Saint-Antoine est un choix logique.

« Logiquement, selon comment est fait le réseau routier, on est en plein milieu entre Belœil et Sorel-Tracy et en plein milieu entre Contrecœur et Saint-Hyacinthe. Il y a déjà des axes routiers logiques ici à Saint-Antoine », soutient-elle.

Des questions sans réponse

L’aménagement d’un rideau de bulles à cet endroit soulève encore des questionnements. Les municipalités n’ont pas encore réussi à obtenir la collaboration de l’entreprise du traversier et elles ne savent pas encore où le débarcadère se retrouverait à Saint-Denis.

Il est encore trop tôt pour connaître les coûts de l’un ou l’autre des projets ainsi que les coûts d’entretien. Le maire de Saint-Ours est ouvert à un principe d’utilisateur-payeur. « Mais on n’est pas rendus là », ajoute-t-il.

Du côté du pont, le député souligne que le gouvernement fédéral n’a pas démontré d’opposition, mais n’a pas non plus donné d’appui pour le moment.

Les quatre municipalités travaillent donc à trouver le financement pour lancer une étude de faisabilité pour le prolongement du pont et une évaluation des avantages et des inconvénients des deux options. Ces études pourraient coûter globalement entre 25 000 $ et 30 000 $.

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