31 mars 2025 - 05:00
Parcours théâtral immersif Blanche-Neige
Une soirée lugubre dont le public est le héros au Collège Saint-Hilaire
Par: Olivier Dénommée
Guillaume Sauriol-Lacoste (à l’arrière, quatrième à partir de la droite) pose en compagnie d’une grande partie de ses élèves qui lui ont fait confiance et qui ont donné vie aux différents personnages du spectacle Blanche-Neige. Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

Guillaume Sauriol-Lacoste (à l’arrière, quatrième à partir de la droite) pose en compagnie d’une grande partie de ses élèves qui lui ont fait confiance et qui ont donné vie aux différents personnages du spectacle Blanche-Neige. Photo Robert Gosselin | L’Œil Régional ©

La danse était au cœur du spectacle Blanche-Neige, dans une ambiance mystérieuse au Collège Saint-Hilaire. Le public était invité à créer son propre parcours à travers les différentes scènes. Photo gracieuseté

La danse était au cœur du spectacle Blanche-Neige, dans une ambiance mystérieuse au Collège Saint-Hilaire. Le public était invité à créer son propre parcours à travers les différentes scènes. Photo gracieuseté

Les éclairages, la musique et les scènes souvent muettes ont grandement contribué aux ambiances inquiétantes du spectacle. Photo gracieuseté

Les éclairages, la musique et les scènes souvent muettes ont grandement contribué aux ambiances inquiétantes du spectacle. Photo gracieuseté

Le troupe de théâtre du Collège Saint-Hilaire a repoussé ses limites ces dernières semaines en montant un spectacle unique dans la région : aux antipodes d’une pièce de théâtre classique, le spectacle Blanche-Neige est décrit comme un « parcours immersif » empreint de suspense à travers les murs de l’école, invitant le public à choisir sa propre trame. Le spectacle a connu un grand succès pendant ses quatre représentations, les 13, 14, 20 et 21 mars.
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L’enseignant en art dramatique Guillaume Sauriol-Lacoste a eu l’idée de monter le spectacle au Collège après avoir été « happé » par la proposition Sleep No More, présentée depuis 15 ans à New York. « J’ai vu deux fois le spectacle, et j’ai été fasciné par l’idée que le public soit maître de son histoire. Je savais que je voulais un jour faire un projet inspiré de Sleep No More, mais je n’aurais jamais pensé le faire si vite! » Le 60e anniversaire du Collège Saint-Hilaire et le fait qu’il avait devant lui une cohorte forte en théâtre l’ont convaincu d’aller de l’avant avec ce qui deviendra Blanche-Neige. « Comme pour Sleep No More, le spectacle est inspiré de trois œuvres. J’ai retenu le récit Blanche-Neige, mais aussi les films Black Swan [Le Cygne noir au Québec] pour la danse et le film d’horreur italien Suspiria », énumère-t-il. Les principaux thèmes abordés à travers le spectacle étaient la dualité, la déchéance, l’obsession, la vanité et le pouvoir.

Les défis ont été multiples pour la conception du spectacle alors que l’équipe n’avait pas de mode d’emploi pour monter un parcours réparti sur près de deux heures à travers l’école, mais tout le monde a su relever le défi avec brio, démêlant un ambitieux « casse-tête » pour chorégraphier les différentes scènes. « Ce n’est pas parce qu’on est au secondaire qu’on doit voir petit! Le projet a été un bel exemple de dépassement de soi de tout le monde, et je dirais que c’est un aboutissement pour moi aussi. »

En plus de la vingtaine d’acteurs, trois danseuses, plusieurs scénographes et les élèves de trois classes d’art plastique ont participé de près ou de loin à la concrétisation de Blanche-Neige, amenant à environ 100 le nombre de personnes qui ont été impliquées dans l’ambitieux projet aux airs d’une soirée « meurtres et mystère » plus grande que nature.

À chacun son histoire

Blanche-Neige invite le public à retourner 60 ans dans le passé, avant la fondation du Collège Saint-Hilaire, pour revivre les derniers moments d’une école de danse établie au même endroit. L’ambiance y est particulièrement lugubre, aidée par les éclairages et la musique, et il est possible de suivre le parcours de différents personnages afin de comprendre leurs propres motivations au fil de l’expérience. Cela fait en sorte qu’aucun spectateur ne vivra exactement le même spectacle, et certains sont même revenus à d’autres représentations afin de voir des scènes qu’ils auraient manquées. « Ce spectacle, c’est quelque chose qui se vit, résume Guillaume Sauriol-Lacoste. Certaines personnes sont venues aux quatre représentations et comme il peut y avoir jusqu’à 10 scènes simultanément, elles n’ont même pas pu tout voir! »

Le spectacle était aussi particulier dans la mesure où il n’était pas parlé : la plupart des scènes étaient muettes, laissant toute la place au langage corporel et aux non-dits, ou sur des trames sonores incluant quelques paroles. Le professeur considère d’ailleurs la musique comme un personnage, elle qui donne le rythme aux scènes.

Présent à une représentation, L’Œil Régional a pu constater l’ambiance lourde des différentes scènes et l’aura de mystère entourant la plupart des personnages, dont les motivations deviennent plus claires au fil de l’expérience. « C’est un show organique, sensoriel, dans lequel le public est aussi actif. Ça a été galvanisant de pouvoir travailler sur Blanche-Neige! » ajoute l’enseignant.

Maintenant que le spectacle sur lequel il a travaillé pendant près d’une année est derrière lui, Guillaume Sauriol-Lacoste assure en riant que la prochaine production de sa troupe de théâtre, prévue au printemps 2026, sera assurément plus classique dans la forme que Blanche-Neige.

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