14 avril 2022
Yves Corriveau critique le directeur général de Mont-Saint-Hilaire
Par: Denis Bélanger
Daniel-Éric St-OngePhotothèque | L’Œil Régional ©

Daniel-Éric St-OngePhotothèque | L’Œil Régional ©

L’ancien maire Yves Corriveau critique l’actuel directeur général de Mont-Saint-Hilaire, Daniel-Éric St-Onge, l’accusant d’abus de pouvoir dans les deux dernières années de son mandat. Plusieurs anciens élus de Mont-Saint-Hilaire ont toutefois réfuté les affirmations de M. Corriveau.

Publicité
Activer le son

Défait aux dernières élections, Yves Corriveau affirme sans hésitation que M. St-Onge, en fonction depuis 2019, était en plein contrôle de la Ville alors que tous les conseillers du parti du maire étaient devenus indépendants. « Il a réussi de façon anormale à faire augmenter son salaire en pleine pandémie parce qu’il contrôlait la gang qui restait en place. C’est un bon directeur général, mais il fait de la politique. »

Lors de la séance ordinaire du 5 octobre 2020, le maire, sans voter sur la résolution concernant le salaire, avait exprimé son désaccord sur l’augmentation salariale du directeur général. La rémunération annuelle de ce dernier est passée de 130 000 $ à 155 000 $, en plus d’avantages s’élevant à 8000 $. Le maire avait justifié son malaise par le fait qu’il aurait préféré avoir plus de temps pour étudier les chiffres. Au moment d’adopter la résolution, il disait ne pas saisir parfaitement l’ensemble de l’ajustement, car il n’avait pas pu lire le contrat du directeur général. Il avait assuré que malgré cette hésitation, il ne remettait pas en doute les compétences de Daniel-Éric St-Onge.

Yves Corriveau a présentement une dent contre son ancien collaborateur, car M. St-Onge aurait refusé de partager aux employés de la Municipalité une lettre de remerciement qui leur était destinée. Cette lettre avait été écrite après la défaite de M. Corriveau, en novembre dernier. « C’est légitime que je veuille remercier [les employés]. C’est inacceptable qu’un directeur général agisse de la sorte. Il m’évite et ne m’a pas dit pourquoi il ne voulait pas envoyer ma lettre. »
Le maire actuel, Marc-André Guertin, s’est ainsi porté à la défense de son directeur général. « En tant que maire nouvellement élu de Mont-Saint-Hilaire, je me questionne sérieusement sur les motifs réels du maire défait aux dernières élections, Yves Corriveau. Le directeur général de la Ville de Mont-Saint-Hilaire est une personne intègre, professionnelle et compétente qui a toute la confiance du conseil municipal et des employés de la Ville pour assurer le fonctionnement de la Municipalité et fournir les services aux citoyens. »

Quatre anciens élus répliquent
Quatre anciens membres du conseil ont commenté la situation. Louis Toner a indiqué que les affirmations d’Yves Corriveau n’étaient pas fondées et que l’augmentation salariale était prévue à son contrat d’embauche. « Nous avons donc fait nos devoirs et avons été chercher les comparables dans d’autres villes qui sont similaires à Mont-Saint-Hilaire. » « Nous avons même demandé à l’Union des municipalités du Québec les échelles salariales des directeurs généraux. M. St-Onge n’a jamais fait d’abus de pouvoir », a renchérit Brigitte Minier.

De son côté, Émile Grenon Gilbert estime que les propos de l’ancien maire traduisent une grande amertume. « Daniel-Éric St-Onge exerçait la neutralité et nous donnait toute l’information pour que nous ayons les deux côtés de la médaille d’une situation. »

Finalement, Sylvain Houle a déclaré que l’ancien maire devrait se regarder dans le miroir plutôt que de tirer partout. « Les membres du conseil ont toujours été souverains dans leurs décisions et, personnellement, je n’ai jamais senti de pression de M. St-Onge. »

La nouvelle cible?
La sortie d’Yves Corriveau survient quelques jours après qu’une ancienne candidate de Vision citoyenne aux dernières élections municipales, Martine Renaud, ait demandé la démission du directeur général lors de la séance ordinaire du conseil municipal du 4 avril. Mme Renaud a affirmé faire cette demande « au nom de plusieurs citoyens ». Elle reproche notamment au DG d’avoir fait preuve de mépris et d’avoir manqué de transparence dans le dossier du développement résidentiel situé derrière les Résidences Soleil. Le maire Marc-André Guertin a été bref et concis sur la demande de Mme Renaud. « Le conseil municipal a entièrement confiance envers le directeur général. Nous ne commencerons pas à commenter des insinuations qui sont particulières. »

image