4 mai 2022
Renouveler la politique
Par: Vincent Guilbault
Vincent Guilbault

Vincent Guilbault

Je vais utiliser l’exemple de Jean-Yves Labadie, mais ce texte ne parle pas de lui. En fait un peu, mais notez que je n’ai pas une opinion particulière ou précise sur l’homme qui tentera de ravir le siège du district 6 à Belœil, à la suite du décès de Pierre Verret.

Publicité
Activer le son

M. Labadie n’a jamais fait les manchettes du journal et on ne peut pas dire qu’il a été pris dans des scandales ou des polémiques. Outre certaines interventions, on l’entendait peu au conseil. Les politiciens n’ont pas tous besoin d’être flamboyants pour bien faire leur travail, ceci dit.

Battu en novembre dernier, M. Labadie ne s’est pas retiré dans ses terres. Au contraire, armé d’une [nouvelle] fougue, il a pris d’assaut les périodes de questions de la séance du conseil municipal pour questionner la mairesse Nadine Viau et les membres élus de son parti politique. Le politicien discret qu’était M. Labadie devenait tout d’un coup critique depuis sa défaite.

Il faut dire que la Ville de Belœil était depuis plusieurs années entre les mains du même conseil municipal, avec les mêmes têtes en place, à quelques exceptions près. Et la campagne électorale, surtout avec l’épisode du vol de pancartes, semble avoir laissé un goût amer dans la bouche de plusieurs candidats, surtout ceux de l’équipe de Diane Lavoie.

Où veux-je en venir? M. Labadie a fait 18 ans à la Ville de Belœil comme conseiller municipal; c’est presque la moitié de sa vie en politique municipale. Clairement, l’homme est engagé. Lorsque M. Verret est décédé, nous avons rapidement au journal prédit que M. Labadie serait de la course. Et c’est appuyé par ses anciens collègues au conseil et même la famille de Pierre Verret qu’il a annoncé cette semaine que, naturellement, il serait de la course pour représenter les électeurs du district 6. Pas ceux du 8, comme dans les 18 dernières années. Mais ceux du 6, là où il y a de la place, j’ai un peu l’impression.

Tous vantent ses qualités et, surtout, son expérience. Voilà mon problème. Après 18 ans de service à la Ville, il est peut-être temps de laisser la place. La politique ne devrait pas être un travail. J’ai de la difficulté avec l’idée de politicien de carrière. Il y a de nombreuses façons de s’impliquer pour la Ville ou de faire avancer les dossiers. Pour moi, l’expérience ne devrait pas être un facteur; ou peu, disons. Il est sain en politique de renouveler les élus pour être représentatif de la population. Sinon, sans le sang neuf, c’est un peu la sclérose qui guette un conseil; même si la Ville va bien et qu’elle prospère. Je trouve rafraîchissant le nouveau conseil municipal à Belœil, malgré certains faux pas et un manque d’expérience, justement. Un mélange d’équipes, un mélange entre la nouveauté et l’expérience (eh oui).

M. Labadie est clairement un homme de grande qualité et j’espère que ni lui ni ses supporters ne verront dans cette chronique un désaveu envers sa candidature. Au contraire, je salue son implication et sa dévotion, et je lui souhaite la meilleure des chances. Je crois juste qu’après presque 20 ans de politique, il est temps de laisser sa place avant de devenir, justement, un « politicien ». Pas juste à Belœil, en passant. C’est bon pour le provincial et le fédéral aussi.

image